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MAURIAC
Comment s'est décidé l'ouverture du marché au cadran, il y a tout juste 10 ans

Avec près de 22 000 animaux commercialisés en 2023, la structure a su apporter  la preuve de sa pertinence. Pourtant, au départ, rien n’était gagné...

Vente aux enchères au marché au cadran de Mauriac, dans le Cantal.
Chaque lundi, tout au long de l’année, 538 apporteurs et 36 acheteurs réguliers échangent pour 24 M€ de bétail vif. 
© FMBV

Le marché au cadran, ce sont des actionnaires répartis dans deux collèges : plus de 700 agriculteurs et une centaine de négociants. La règle, des enchères qui montent grimpent de 10 € à chaque appui sur le boitier électronique (clicker) confié aux acheteurs. Mais attention, chaque vente est limitée dans le temps, d’où le nom de “cadran”.  Un principe qui fonctionne depuis dix ans déjà, au parc des Rédines de Mauriac. 

Une décennie retracée par Michèle Chastan, directrice, lors de l’assemblée générale du marché, qui s’est tenue vendredi 31 mai sous la présidence de Sébastien Breuil. Tout démarre il y a une douzaine d’années, d’un pari que certains jugeaint audacieux. Une poignée d’éleveurs - avec en tête Denis Costerousse (Sainte-Marie), alors président d’Elvea - et Michèle Chastan (Barriac) décidaient de réagir face à des “barrières de contention qui claquaient de moins en moins souvent sur le marché de gré à gré du parc des Rédines”. Tout s’est joué en une réunion(1) en préfecture où, dubitatif, le ministère de l’Agriculture avait délégué Jean-Baptiste Danel pour effectuer un rapport sur le projet de transformation du marché de Mauriac. Avec un rebondissement inattendu, que Michèle Chastan garde en mémoire, comme si c’était hier.   

"À l'époque, les détracteurs du projet étaient nombreux. On nous plaignait plus qu’on nous encourageait" (Michèle Chastan, directrice). 

“La partie était loin d’être gagnée. Il fallait garantir un minimum de volume pour atteindre l’équilibre. On l’avait à peine. À la mi-temps, on était KO.” Curieusement, à la reprise, c’est l’émissaire du ministère qui lui même fournit les arguments. 

“Il n’y a pas que des mâles...” 

Nombre d’éleveurs, nombre de vaches, nombre de broutards. “Dans ses calculs, il avait juste oublié que les vaches ne font pas que des mâles !” Avec les broutardes, soit 4 000 à 5 000 animaux supplémentaires, auxquels s’ajoutent les vaches adultes, les veaux laitiers.... Les porteurs de projets saisissent la balle au bond. En un instant, le match était renversé. “Bernard Berthelier, directeur de la chambre d’agriculture le comprend. Il promet de payer un coup à boire pour fêter ça !” Il ne s’était pas trompé. L’avis favorable rendu, il restait un nouveau combat, celui de convaincre les banques, lancer les travaux...    

“On refait le match” 

Deux ans plus tard, le 5 janvier 2014, le premier marché au cadran du département. “Et depuis, chaque lundi, on refait le match”, souligne la directrice générale, libérée depuis peu de ses fonctions de présidente. L’équipe administrative se compose désormais de Sébastien Breuil, président ; Michèle Chastan ; directrice ; Émilie Delbert-Bertrand, cheffe des ventes ; Sylvie Lafeuille, secrétaire de direction ; Manon Roche, secrétaire comptable. Chaque lundi deux secrétaires enregistrent les apports et 14 bouviers assurent le déplacement des animaux , aidés en cela d’éleveurs qui viennent prêter main forte.      

(1) Avec notamment les services de l’État, la DSV, la DDT, la Chambre d’agriculture, les syndicats agricoles, le maire de Mauriac Gérard Leymonie, des conseillers départementaux, dont Bruno Faure... 

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