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Un service de l’équarrissage inadapté en temps de crise

Satisfaisant en « temps de paix » mais débordé en temps de crise, le service de l’équarrissage a besoin d’une nouvelle stratégie, estime un bilan de fonctionnement demandé par le ministère de l’agriculture.

© P. Le Douarin

Le Conseil général de l’alimentation , de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) a publié, fin juillet, un rapport faisant le bilan critique du fonctionnement des services d'équarrissage.

Ce rapport lui accorde une bonne note en temps de paix, mais constate une «embolie du système» en cas de crise sanitaire et de canicule. Car structurellement, le secteur dispose de peu de marges.

Estimée à 1 million de t/an, la capacité effective de traitement est tout juste supérieure aux besoins (900 000 t/an).

Les animaux morts en élevage représentent environ 450 000 tonnes par an (47 000 t pour les animaux à plume et les lapins) et le service public d’équarrissage 4500 tonnes.

La marge supplémentaire moyenne de 400 t/jour (100 000 réparties sur 260 jours par an) ne suffit pas à absorber des apports concentrés. Ainsi, sur les 42 000 t qui auraient dues être prises en charge pendant la grippe aviaire 2021/2022, les équarrisseurs n’auraient traité que 62 %. «  Ce statu quo n’est pas tenable en situation de crise » résument les deux auteurs.

La Vendée avait besoin de traiter 1400 t/jour au pic. De sorte que sur les 20 000 t à traiter, seulement 6000 t sont allées directement en usine d’équarrissage, le reste ayant été enfoui à la ferme ou sur des sites  (Pétosse, Tallud Sainte Gemme).

 

Manque d’anticipation et d’alternatives

 

Entre 2015 et 2019, le nombre d'usines est passé de 11 à 8, mais sans réduction de la capacité totale de traitement (1 million de tonnes pour 1,2 autorisé)

Plusieurs raisons sont invoquées : extrême concentration des équarrisseurs (Secanim et Atemax ultra dominants), associations ATM et filières insuffisamment impliquées dans la gestion de crise, manque d’anticipation, pas de solutions alternatives souligné par l’ATM avicole.

Pour mémoire, l’équarrissage privé des animaux à plume morts en élevage est géré par l’ATM avicole (31 158 t en 2020), l’ATM ponte (7229 t en 2020), l’ATM palmipèdes gras (4154 t en 2020) et l’ATM gibier ( environ 250 t/an). Cette multiplicité ne faciliterait pas une approche intégrée en période de crise. De plus, toutes les bases de données ne permettent pas de suivre en temps réel les effectifs présents par élevage.

En période de tension, les équarrisseurs ne sont pas incités à collecter les élevages ayant les plus gros tonnages de morts, car les pénalités de retard sont calculées par élevage et non par tonne non collectée.

Point positif, le changement de statut ESB de la France pourrait libérer 176 000 t de capacités (+ 700 t/j de marge), à condition que les équarrisseurs maintiennent leurs installations à ces niveaux.

Un autre scénario consistant à faire fonctionner 7j/7 et à plein régime les huit usines restantes (3 fermées entre 2015 et 2019) permettrait de libérer une marge totale de 1900 t/j.

En conclusion, les auteurs du rapport proposent de mettre l'ensemble des acteurs autour de la table, afin de définir une stratégie partagée : fermer ou pas les lignes de traitement ESB, comment anticiper les crises (délestages, collectes prioritaires, travail le weekend) et d’évaluer les solutions alternatives : maturation aérobie, compostage, stockage au froid, enfouissement, incinération...

 

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