Le sélectionneur Hendrix Genetics fait part de son retour d’expérience sur la maîtrise du picage en poussinière de dindes repros, avec des solutions transposables en chair telles que l’enrichissement et la gestion des animaux agressés.
Fabien Le Bihan, éleveur à Guiclan, Julie Ménis et Hugo Paysan, d’Hendrix Genetics : « Il ne faut jamais laisser une dinde piquée au milieu du bâtiment, le risque étant que d’autres congénères ne la piquent par effet de mimétisme. »
Dans une démarche d’amélioration du bien-être animal, l’entreprise Hendrix Genetics travaille depuis quinze ans sur les solutions visant à mieux maîtriser l’agressivité et limiter le risque de picage dans ses élevages de dindes repro Hybrid Turkeys. Pour ces animaux à haute valeur ajoutée, l’enjeu est aussi économique, du fait de l’incidence sur la viabilité et sur le nombre de futurs reproducteurs passant en bâtiment de ponte. L’accompagnement des éleveurs autour de la gestion du picage s’est fait dans le temps et par étapes progressives. La première, constituant le socle de base, a porté sur l’optimisation du confort des volailles (ventilation, litière, dispositifs d’alimentation, lumière…).
Créer des zones de refuges permet par ailleurs aux volailles dominées de s’isoler : par exemple en se mettant à l’abri sous une palette, posée en biais contre la cloison, comme le pratique l’éleveur. « Cela fonctionne très bien dans la salle des mâles », observe-t-il. « Les femelles se cachent plutôt sous la table de vaccination au centre de la salle. »
En élevage de dinde repro, les périodes à risque de picage se situent principalement vers 4-5 semaines d’âge (lié à l’accumulation de fines d’aliment) puis entre 8 à 12 semaines (périodes de transitions alimentaires et de vaccinations). L’éleveur est particulièrement attentif à certains indicateurs précoces, comme l’absence de plumes sur la litière. Les dindes perdent naturellement des plumes. Leur ingestion peut être un signe d’une carence ou d’un stress.
Hybrid Turkeys a par ailleurs généralisé l’apport de grit. « En augmentant la taille et l’épaisseur du gésier, le grit contribue à une meilleure assimilation des nutriments, limite le risque de carences et aide à avoir des animaux moins nerveux. » Il est distribué à partir de 28 jours et environ toutes les 3 à 4 semaines à des moments clés, par exemple avant les transitions alimentaires. Traitée thermiquement pour éviter tout risque de contamination, sa taille varie entre 3,5 mm à 4 semaines d’âge à 5,8 mm après 10 semaines.