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Les banques accompagneront les producteurs touchés par la crise

Suite à la crise à la crise du Covid-19, des prêts bancaires garantis par l’État sont mis en place pour soutenir les trésoreries. Le point avec Guy Faurie du Crédit Agricole Centre Ouest.

GUY FAURIE, CRÉDIT AGRICOLE CENTRE OUEST. « En cas de difficultés de trésorerie, il est possible de demander une pause ou une modulation des échéances ainsi qu’un prêt garanti par l’État. » © Techovin
GUY FAURIE, CRÉDIT AGRICOLE CENTRE OUEST. « En cas de difficultés de trésorerie, il est possible de demander une pause ou une modulation des échéances ainsi qu’un prêt garanti par l’État. »
© Techovin

Quelles sont les mesures mises en place pour contrer les effets de la crise ?

G. F. - Le gouvernement a décidé la mise en place des prêts garantis par l’État à hauteur de 300 milliards d’euros. À travers les établissements bancaires, la Banque publique d’investissement (BPI) peut accorder des prêts allant jusqu’à 25 % du chiffre d’affaires annuel à un taux de 0 %. Ces prêts d’un an renouvelable ne coûtent que 0,25 % de frais de garantie par an. C’est un bon dispositif mais on ne peut en profiter qu’une seule fois et il faut donc savoir de combien on a besoin. Or, tout le monde ne connaît pas précisément ses pertes à l’année à cet instant.

Incitez-vous les éleveurs à profiter de ces prêts à taux zéro ?

G. F. - Ces mesures sont uniquement faites pour compenser la baisse de chiffre d’affaires. On ne peut pas conseiller à tout le monde d’aller au robinet des crédits pas chers. La somme de 300 milliards est importante mais nous ne savons pas si elle sera suffisante pour financer toute l’économie française. Nous demandons de justifier les baisses de chiffre d’affaires par rapport aux années précédentes. L’État nous demande d’être garants de la bonne gestion des fonds. Des contrôles seront effectués par la BPI. Les consignes de la BPI sont de prêter à toutes les entreprises qui étaient viables et en bonne santé avant le 15 mars.

Y a-t-il d’autres mesures pour alléger la charge financière ?

G. F. - Il est aussi possible de demander une pause d’un à six mois sur les échéances de remboursement et nous l’avons même étendu aux échéances annuelles, majoritaires en agriculture. Ce dispositif est gratuit, c’est-à-dire qu’il n’engendre pas de frais de mise en place. Par contre, il a un coût pour l’exploitant, proportionnel à la durée de la pause. Le principe de la pause-crédit est similaire à celui d’un différé d’emprunt. Les producteurs ne paient pas d’échéance lors de la pause, par contre ils doivent s’acquitter des frais d’intérêt intercalaires générés par les échéances reportées. Les échéances peuvent aussi être modulées, c’est-à-dire devoir rembourser moins maintenant pour rembourser davantage plus tard. Nous aurions pu généraliser ces mesures à toutes les entreprises mais nous estimons que ce n’est pas raisonnable d’appliquer ces mesures de reports d’échéance à tout le monde. En effet, toutes les entreprises ne sont pas impactées de la même manière au même moment. Le report d’échéance peut être une planche de salut pour certains mais cela peut grever le développement futur pour d’autres. En plus de ces mesures, des prêts à courts termes peuvent être accordés par la banque.

Les éleveurs doivent-ils contacter leur banquier ?

G. F. - À la caisse régionale du Centre Ouest, entre les deux tiers et les trois quarts des agences sont ouvertes. Nos conseillers agriculture sont soit en agence, soit en télétravail et ils sont à la disposition des éleveurs pour analyser les situations au cas par cas. Nous avons prévu de contacter tous les éleveurs caprins pour faire le point avec eux mais si un client a un problème, qu’il n’hésite pas à nous contacter à distance. Il faut pouvoir aller vite dans certaines situations et nous nous engageons à traiter les demandes en moins de cinq jours. L’ambiance est assez anxiogène et nous voulons rassurer nos clients dans ces instants difficiles.

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