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Surfaces pâturées
Quatre conseils pour organiser son parcellaire

Annette Hurault, animatrice production laitière à la Chambre d´agriculture d´Ille-et-Vilaine, nous livre ses conseils pour aménager les surfaces pâturées.


Bien aménager son parcellaire de pâturage c´est optimiser la gestion de l´herbe, améliorer l´accessibilité aux parcelles mais aussi faciliter le déplacement des animaux et le travail de l´éleveur. Du choix des paddock à l´installation des points d´eau, quelques précautions doivent être respectées.
1 - Préférer les paddocks de forme carrée
Pour la taille des paddocks, on conseille 3 à 4 ares par vache pour un temps de séjour de 3 à 4 jours. C´est un bon compromis entre la préservation de la pousse et la simplification du travail notamment pour les clôtures et la fauche. En RGA pur, 7 à 9 parcelles minimum sont nécessaires et en association RGA/TB, 10 à 12 parcelles minimum.
La meilleure forme se rapproche du carré. Il faut éviter les paddocks couloirs où le piétinement est plus important. Il est préférable que la longueur ne fasse pas plus de six fois la largeur et que les paddocks ne mesurent pas plus de 200 mètres de long. Il est aussi conseillé de ne pas avoir plus de 200 mètres entre le fond de la parcelle et le point d´eau. Il faut aussi essayer de faire des paddocks homogènes en type de sol pour faciliter le pâturage. La délimitation des paddocks est toujours une histoire de compromis en fonction des haies, des chemins existants, de la nature du sol, du sens de travail du sol.

On peut prévoir deux accès pour utiliser un fil avant et limiter le piétinement en conditions difficiles. Lorsque l´entrée et la sortie sont différentes, mieux vaut faire entrer les animaux par l´entrée la plus éloignée de la stabulation. Certains éleveurs placent les accès dans des zones en pente, peu confortables pour les animaux pour éviter leur concentration.
2 - Stabiliser les chemins de début de réseau
Pour une question de coût, il convient de partir des réseaux existants. Il faut plutôt placer les chemins là où les sols sont les plus portants. Souvent les chemins existants n´ont pas été placés au hasard.
Les chemins de début de réseau demandent un peu d´entretien. Plus fréquentés, il doivent être stabilisés en priorité. En fin de réseau, un chemin en terre fera l´affaire si le sol est filtrant. Il facilitera ainsi le retournement de la prairie.
La station expérimentale de Trévarez a testé et expérimenté plusieurs solutions et techniques d´aménagement de chemins. Les textiles tissés ont une mise en oeuvre difficile et sont assez chers mais exigent peu d´entretien. Certains éleveurs bétonnent le chemin ou seulement une bande de 60 cm au milieu. Le béton ne demande pas d´entretien. Il peut être réalisé directement sur la terre ou sur cailloux. La solution la plus simple et la moins chère est l´empierrement. On préconise 15 à 20 cm de pierre recouverts de 5 cm de sable mais cette solution réclame de l´entretien. Dans le Finistère, certains éleveurs testent la pose de caillebotis de récupération.

Il convient de prévoir des fossés, une pente ou une forme bombée pour évacuer l´eau, premier ennemi du chemin.
On peut aussi concevoir un réseau ou des entrées différencié(es) pour les animaux et les engins en particulier lorsqu´il y a une rotation des cultures. Pour le passage des engins, il faut prévoir des chemins plus larges, souvent plus empierrés pour une bonne résistance.
Je conseille des chemins plus larges en début de réseau car ce sont les plus fréquentés. Les animaux peuvent ainsi s´engager plus facilement. Les chemins peuvent mesurer 3 m à 3,5 m pour 35-40 vaches laitières. Si le tracteur y circule, il faut compter 4 m voire 4,5 m. En fin de réseau, 1,5 m suffisent pour que deux animaux puissent passer simultanément.
En fin de réseau, un chemin en terre fera l´affaire si le sol est filtrant. ©S. Roupnel

3 - Soigner la clôture à tous niveaux
Les piquets des angles et des portes sont l´armature de la clôture. On préconise l´utilisation de piquets en bois, de section de plus de 14 cm et fixés en profondeur (plus de 50 cm). Les piquets intermédiaires sont en bois ou en fer, posés tous les 20 m. Pour les clôtures permanentes, on recommande les fils de fer, de section de 2,5 mm. Pour les clôtures semi-permanentes qui délimitent les paddocks, une section de 1,6 mm est suffisante ou bien des fils électroplastiques. Le barbelé peut être utilisé en clôture permanente mais son électrification est interdite. Pour maintenir les fils tendus, les ressorts sont très efficaces et permettent de réduire le nombre de piquets.
La prise de terre est un élément essentiel mais souvent négligé de la clôture. Avec une bonne prise de terre, la clôture est beaucoup plus dissuasive. Sa longueur est proportionnelle à la puissance de l´électrificateur : 1 mètre par joule délivré. Elle doit être indépendante des autres appareils et testée régulièrement.
Enfin, 3000 volts sont nécessaires en tout point de la clôture pour être garanti de son efficacité. Prenez le temps de vérifier cette tension sur le circuit ! La puissance de l´électrificateur s´adapte à la longueur du réseau.
Pour une alimentation suffisante, il faut une réserve de 10 à 15 litres par vache. ©S. Roupnel

4 - Prévoir un réseau d´eau
Le positionnement des points d´eau près des accès de parcelles condamne entièrement l´entrée mais facilite la fauche. C´est aussi un frein pour la sortie des animaux. Je conseille plutôt de les éloigner des accès et de prévoir un abreuvoir par parcelle, voire pour deux parcelles.
En début de réseau, mieux vaut utiliser des tuyaux solides si possibles enterrés et de gros diamètre (26-32 mm). En réseau secondaire, des tuyaux semi-rigides posés en surface suffisent. On recommande un pression au bac de 3 à 5 bars en bout de réseau et un débit de 7 à 13 litres par minute.

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