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Les « mélanges suisses » de fourragères ont des atouts

En Suisse, la recherche publique élabore, en concertation avec tous les acteurs du secteur, des recettes de mélanges standard pour les prairies à composer à partir d’une liste de variétés recommandées. Ce schéma peut sembler rigide, mais a l’avantage de ne pas laisser de place aux effets de mode.

UN MÉLANGE SUISSE LABELLISÉ ADCF correspond à une recette indiquant les espèces,
et pour chaque espèce la ou les variété(s) et la dose de semis. Il existe une
trentaine de mélanges, pour des objectifs et des conditions très divers.
UN MÉLANGE SUISSE LABELLISÉ ADCF correspond à une recette indiquant les espèces,
et pour chaque espèce la ou les variété(s) et la dose de semis. Il existe une
trentaine de mélanges, pour des objectifs et des conditions très divers.
© Agroscope

L’association suisse pour le développement de la culture fourragère (ADCF) réunit les agriculteurs et les institutions intéressés à la production fourragère. C’est une sorte d’interprofession des prairies, dont la création date de 1934.

Elle délivre un label aux recettes de mélanges de fourragères qui ont prouvé leur intérêt. Les mélanges suisses standard munis du label ADCF ne contiennent que des variétés figurant sur la « liste des variétés recommandées de plantes fourragères » qui est établie par Agroscope, centre de compétences de la Confédération pour la recherche agricole équivalent à l’Inra et d’autres instituts français.

Sur cette liste, les variétés qui se sont montrées les meilleures dans les essais réalisés en Suisse sont retenues. « Nos sites expérimentaux couvrent une multitude de zones et de climats et permettent de bien appréhender le comportement des variétés pour nos conditions. Il s’agit de sols représentatifs de zones de grandes cultures de plaine aux zones herbagères d’altitude. Nous n’avons pas, par exemple, d’essais sur sols hydromorphes », précise Éric Mosimann, d’Agroscope.

Une note de force de concurrence pour les variétés

Agroscope effectue l’examen sur trois ans des variétés nouvellement sélectionnées, et les compare aux variétés déjà recommandées. Les critères mesurés sont semblables à ceux utilisés en France pour l’inscription des variétés au catalogue, et s’y ajoute une note de force de concurrence.

Pour les graminées comme le dactyle et le ray-grass, à côté de chaque microparcelle où la variété est semée pure, elle est mélangée à hauteur de 65 % avec un trèfle blanc et un trèfle violet témoins et on note sa capacité d’association. Ceci double la surface des essais.

À l’issue des essais, les variétés sont évaluées selon les divers critères et si elles se révèlent intéressantes, elles entrent dans la liste des variétés recommandées.

Ce choix est très sévère car, par exemple pour 2015-2016, seulement vingt et une variétés de ray-grass anglais, dix variétés de trèfle blanc, sept variétés de fétuque élevée sont recommandées.

Des espèces secondaires étudiées

Ce travail est réalisé pour de nombreuses espèces, dont en particulier des espèces secondaires comme le pâturin des prés, la fétuque rouge, le vulpin des prés, l’avoine jaunâtre

D’autre part, Agroscope conduit des essais sur les mélanges standard durant cinq ans, sur cinq à six lieux et en conditions pratiques chez des éleveurs, pour étudier la pertinence de faire évoluer leur composition.

Actuellement sont testés des mélanges de graminées comportant du sainfoin pour des prairies de fauche. L’intérêt de la variété de trèfle violet de petite taille Pastor dans des mélanges longue durée pour pâture est aussi toujours en cours d’expérimentation.

« Il est cependant extrêmement difficile de prendre position dans l’absolu au sujet des mélanges », commente Éric Mosimann. Par exemple, la variété Luzelle, luzerne flamande à port étalé, a fait l’objet d’essais en mélanges en Suisse il y a une vingtaine d’années et n’a pas été retenue à l’époque du fait de sa faible force de concurrence. Mais elle présente cependant un intérêt dans certaines conditions climatiques actuelles.

 

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