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Gare aux effets de mode sur la longueur de coupe des ensilages de maïs

Brins courts, brins longs… Le choix de la longueur de coupe est propre à chaque élevage. Il n’y a pas de recommandation universelle et en aucun cas, le chauffeur ne doit prendre cette décision à votre place !

Quelle que soit la longueur de coupe, elle doit être franche pour ne pas défibrer le maïs, et les grains doivent être pulvérisés pour optimiser leur digestion et limiter le gaspillage d’amidon.
Quelle que soit la longueur de coupe, elle doit être franche pour ne pas défibrer le maïs, et les grains doivent être pulvérisés pour optimiser leur digestion et limiter le gaspillage d’amidon.
© F. Mechekour

Aujourd’hui avec les technologies des différentes ensileuses sur le marché, il est possible de régler la longueur de coupe sur une plage qui peut varier de 5 mm à 26 mm, voire 30 mm avec certaines. Les discours sont très divergents sur le terrain, et vous êtes plusieurs à vous interroger et vous sentir perdus par rapport au choix du réglage pour avoir un bon ensilage de maïs.

Le choix de la taille des particules est propre à chaque exploitation et ne doit pas être influencé par un effet de mode, mode qui change au fil des années. Elle doit être adaptée en fonction : du stade de récolte (% de matière sèche), de l’agressivité du matériel de reprise et de distribution et des caractéristiques de la ration à l’auge. Le jour de la récolte, vous devez transmettre vos consignes au conducteur de l’ensileuse pour qu’il fasse les ajustements nécessaires. Et c’est à vous de vous assurer de la bonne application en surveillant régulièrement au silo.

Viser un objectif rendu à l’auge de 8 à 10 mm

La préconisation de la longueur de coupe se calcule facilement à partir d’une grille de détermination qui se base sur l’objectif d’un ensilage de maïs rendu auge entre 8 et 10 mm. Ensuite, il suffit d’appliquer les incidences positives ou négatives en fonction du contexte de votre exploitation. En quelques minutes, vous obtenez la recommandation idéale pour régler l’ensileuse. Une coupe supérieure à 18 mm reste exceptionnelle et à pratiquer dans des situations particulières.

Attention aux conséquences d’une coupe trop longue 

Les objectifs du hachage du fourrage peuvent sembler contradictoires car il faut à la fois faciliter le tassement du silo pour assurer une bonne conservation (et ainsi limiter le tri des vaches à l’auge pour éviter les refus), mais aussi favoriser la rumination... Une chose est sûre, plus le maïs est coupé « long », plus il est difficile à tasser au silo. Plus il y a d’air dans le silo, plus la conservation risque d'être altérée. Les pertes de matières sèches dues à l’échauffement peuvent aller jusqu’à 8-9 % par semaine, sans compter les pertes d’appétence et de valeurs alimentaires.

Passer d’une coupe de plus de 16 mm à moins de 10 mm permet en outre de faciliter la pulvérisation des grains sans incidence sur la durée de rumination des vaches. Par contre, cela nécessite davantage de puissance au niveau de l’ensileuse, le débit de chantier diminue et la consommation de carburant augmente. Mais dans tous les cas, il est toujours plus facile d’ajuster une ration avec un ensilage haché trop finement qu’un ensilage haché trop long, mal compacté et mal conservé.

Lire aussi : Quelles performances attendre de l'ensilage brins longs ?

Avis d'éleveur : Pierre Vallance, associé du Gaec de l’Uvry

« Une différence flagrante de conservation »

« Depuis trois ans, suite à la récolte de maïs atypique avec très peu de grain, nous avons réduit la taille de coupe à 9 mm contre 14 mm auparavant avec des matières sèches comprises entre 32 % et 35 %. Le fourrage se tasse beaucoup plus facilement. Du coup, la densité est augmentée et nous n’avons quasiment plus de pertes. La différence au silo a été flagrante au niveau de la conservation. Le jour du chantier, cela permet aussi d’optimiser les voyages avec les bennes car elles sont plus remplies. En revanche, nous n’avons observé aucune différence sur les vaches, notamment en ce qui concerne la rumination ou le TB. On se préoccupait peu de la longueur de coupe avant la récolte, mais maintenant nous essayons de l’adapter au mieux en fonction du maïs et de notre ration. »

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