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Conduire l'atelier lait en instantané avec Ecolait Pilot’

En Meurthe-et-Moselle, Éric François raconte la prise en main d’Ecolait Pilot'. Les 950 éleveurs français ont tous basculé de l’ancienne à cette nouvelle version d’Ecolait plus détaillée, plus conviviale, et surtout plus réactive.

Une nouvelle icône bleue et verte est désormais visible sur la page d’accueil de l’ordinateur de bureau d’Éric François, associé à Jean-Paul Schutz dans le Gaec des Quatre chemins à Thumeréville. Un clic plus tard, il peut saisir sur un premier écran ses chiffres essentiels du mois : les mouvements d’effectifs de son troupeau (calé en moyenne à 120 Prim’Holstein), la production laitière réalisée, la ration distribuée. Le retour est fulgurant. Éric a instantanément sous les yeux son coût de production et sa marge sur production qui lui fait évaluer la pertinence de sa conduite du troupeau. Le premier avantage de l’évolution d’Ecolait est évident : « mon coût est estimé en temps réel, réagit Éric. Le papier de l’ancienne version, c’était fastidieux. Il fallait attendre que tous les collègues aient envoyé leurs données et qu’elles soient traitées par le BTPL pour obtenir un résultat avec un décalage de trois à quatre semaines. C’était embêtant ».

Une nouvelle version évolutive

Pour l’instant, ce premier indicateur prend pour base de calcul le coût moyen en tonne par matière sèche (t/MS) des fourrages annoncés par les 17 éleveurs du groupe 41 auquel appartient le Gaec. « Une personnalisation de cette donnée est envisagée rapidement. Du fait des aléas climatiques liés à chaque situation, il est plus judicieux de renseigner avec le chiffre propre à chaque atelier », précise Stéphane Sagorin, ingénieur BTPL en charge du développement d’Ecolait Pilot’. Le Gaec des Quatre chemins par exemple, a connu trois mauvaises années fourragères sur quatre. Son niveau de production 2019 risque de revenir à 8 000 litres contre 9 000 en 2018. « L’objectif de produire un peu plus d’un million de litres sera difficile à tenir », avance Éric.

20 minutes de saisie par semaine

Même si des tirages papier simplifiés continuent à être envoyés chaque mois, la nouvelle version du programme n’a pas mis longtemps à séduire Éric. « Je ne suis pas féru d’informatique. Mais trois quarts d’heure avec le technicien ont suffi pour que je m’y retrouve dans les grandes lignes. Après, il suffit de pratiquer. Je saisis mes données quand j’ai un moment, en moyenne une fois par semaine pendant 15 à 20 minutes. Les sauvegardes se font automatiquement. Je peux m’arrêter et reprendre quand je veux », raconte l’éleveur.

Quatre blocs d’analyse mensuels

Ecolait Pilot’conserve l’architecture de l’Ecolait historique, tout en s’enrichissant de compléments. Sur la première page mensuelle, par exemple, une colonne supplémentaire rappelle la situation de l’an passé. Surtout, Ecolait Pilot’fournit de nouvelles données. Quatre blocs d’analyses mensuels passent en revue l’efficacité alimentaire, l’incidence qualité du lait, la performance alimentaire, le coût et les marges alimentaires. « Ils indiquent des tendances. L’éleveur peut dès lors essayer de corriger le tir s’il le juge nécessaire », précise Stéphane Sagorin. Et en cas de besoin, l’exploitation a accès à tout son historique Ecolait depuis son adhésion.

Marge sur production instantanée

L’approche de la marge brute ne change pas. Elle est comparée à l’année n-1. Ce critère est encore renforcé par la marge sur production qui intègre toutes les charges de l’atelier lait, génisses comprises. Stéphane Sagorin : « ce chiffre prend en compte le coût des intrants nécessaires à la production des fourrages. Il se rapproche plus de l’EBE. Il manque encore des charges comme les cotisations sociales, la main-d’œuvre des salariés, les fermages, l’eau, l’électricité, l’entretien des bâtiments… L’intérêt est de pouvoir mieux analyser la conduite de l’atelier lait. Cette notion permet de mieux apprécier la pertinence du système, la conduite de l’élevage, la recherche de l’autonomie alimentaire. Elle permet d’apprécier si l’éleveur fait mieux de produire lui-même ou d’acheter une partie de ses fourrages. Le raisonnement se base certes sur des données du groupe mais il permet de comparer les systèmes fourragers entre eux, car dans l’approche marge brute, seul le coût des intrants des fourrages est comptabilisé favorisant systématiquement ceux qui produisent tous leurs fourrages par rapport à ceux qui les achètent au prix de marché. ».

Une analyse fine de l’alimentation

La page alimentation analyse plus finement les composants de la ration. « Tous les coproduits ont été recalculés à 88 % de MS afin qu’ils puissent être comparés en grammes par litre aux autres concentrés. L’éleveur peut mieux apprécier le lait permis par les UF et par l’azote. Il peut déterminer si son dosage est correct », signale Stéphane Sagorin. Pour rendre l’information accessible en un coup d’œil, un curseur positionné sur un tableau de bord en forme de cadran donne le degré d’optimisation de la ration. Le coût alimentaire aux 1 000 litres indique pour sa part le type de concentré le plus cher ou le plus économique.

Un tableau de bord mensuel

Le tableau de bord mensuel restitue la marge alimentaire, la productivité du troupeau et calcule l’incidence qualité du lait et le cas échéant l’impact du lait spécifique, c’est-à-dire celui dont la production répond à un cahier des charges comme par exemple le lait de pâture. « L’éleveur peut déduire des évolutions de ces indices la part qui incombe à ses choix et celle provoquée par la conjoncture. C’est une aide psychologique utile pour passer des caps difficiles », juge Éric. Ecolait Pilot’ sera complété d’ici fin 2019 par un lien avec le logiciel Coutprod de l’Idele et un suivi sanitaire à partir des déclarations par l’éleveur des mammites, des métrites, etc. avec un chiffrage du coût de ces épisodes. « Pour faire les bonnes réflexions, il faut avoir les bons chiffres », glisse Éric. Et puis, pourquoi ne pas enregistrer la ration des génisses ou d’éventuels animaux à viande ? « L’outil est souple », résume Stéphane Sagorin.

« L’éleveur n’est jamais seul, rassure Stéphane Sagorin. Il consulte Ecolait Pilot’en toute autonomie, mais un technicien BTPL l’aide à interpréter, à analyser pour atteindre les objectifs qu’il se fixe. »

Constituer un ou des groupes pour se comparer

Ecolait Pilot’donne la possibilité de se comparer entre collègues, à la demande.

Si le groupe géographique reste la base, l’éleveur peut à loisir constituer un ou des groupes sur les critères qui l’intéressent. Les bilans annuels établis à partir des factures payées sont consolidés pour tenir compte des dates de clôture d’exercice différentes et autoriser les comparaisons entre ateliers. Éric a seulement opté pour un groupe dont les ateliers possèdent (comme lui) un robot de traite. « Le calcul des coûts inclue la maintenance de l’équipement et je peux aller voir les rations qui ont permis les niveaux de production enregistrés », explique Éric. Il n’exclue pas de créer d’autres groupes car trop souvent « la tendance est grande de ne considérer que les bons chiffres et d’occulter les moins bons. Je peux être bien placé dans un groupe, mais occuper une position moins favorable dans un autre ».

Avis de Stéphane Sagorin, ingénieur BTPL Lorraine

 

« Ecolait Pilot’ rend l’éleveur autonome »

« Vouloir piloter un atelier lait en temps réel suppose que l’on dispose d’informations et d’analyses en temps réel. C’est pourquoi rendre l’éleveur autonome pour saisir et consulter ses données était un prérequis. Ecolait Pilot’ innove en étant proche de l’éleveur, en établissant une compatibilité avec les données détenues par les services d’identification en élevage afin d’éviter les erreurs liées à la double saisie. Il propose de nouvelles entrées et la possibilité de se comparer à d’autres producteurs selon des critères comme la présence ou non de la traite robotisée, la taille de troupeau, etc. Chaque éleveur est libre de les choisir dans la gamme des options disponibles. Les documents accessibles, tout comme la présentation des résultats, vont évoluer au fil du temps en fonction du ressenti des utilisateurs. Le BTPL a gardé la main sur la réalisation de futurs écrans de présentation des résultats. »

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