Aller au contenu principal

Alimentation des bovins
Attention à ne pas trop réduire le concentré des vaches en monotraite temporaire

Une forte restriction du niveau d´alimentation pendant la monotraite semble rendre moins complet ou plus tardif le recouvrement de la production laitière, lors du retour à deux traites et à une distribution normale de concentré.


Quelles sont les conséquences sur la production de la réduction de l´apport de concentré à des vaches en monotraite, généralement pratiquée par les éleveurs ?
Pendant la période de monotraite, elle diminue leur production d´une quantité semblable à celle observée chez des vaches traites deux fois par jour, soit 1 kg de lait/UFL. Cette restriction accroît donc la perte de lait par rapport à la seule mise en oeuvre de la monotraite (qui varie de 25 % à plus de 40 % suivant les essais(1)).
La restriction de concentré accroît la perte de lait par rapport à la seule mise en oeuvre de la monotraite, à raison de 1 kg de lait par UFL. ©V. Bargain

Résultat d´un essai sur 55 vaches
Lorsque la traite biquotidienne est rétablie, une très forte réduction du niveau d´apport de concentré pendant la période de monotraite risque de retarder le recouvrement de la production, ou même d´accentuer l´effet rémanent sur la production de lait, systématiquement observé après quelques semaines de monotraite.
Telles sont les conclusions d´un essai réalisé par l´Inra, à Marcenat, et présenté aux 3R. L´essai a été conduit avec 5 lots de 11 vaches en début de phase descendante de la lactation : 2 lots de vaches traites deux fois par jour avec un niveau normal de concentré ou un niveau bas de concentré (3 kg de concentré en moins par jour), et 3 lots de vaches en monotraite avec un niveau de concentré normal, bas (- 3 kg/jour) ou très bas (- 6 kg/jour). La monotraite n´a pas eu d´effet sur la quantité de fourrages ingérée. Elle a diminué en moyenne la quantité de lait produite de 6 kg par jour, soit 25 %. Et elle a augmenté les taux butyreux (+2,7 g/kg) et protéique (+2,2 g/kg), ce qui est classiquement observé dans les essais antérieurs.

La réduction de concentré a provoqué des modifications des quantités de fourrages ingérées, de production de lait standard et de la composition du lait. Le bas niveau de concentré n´a réduit la production que de 0,8 kg mais celle de lait standard de 1,5 kg. Le niveau très bas de concentré a accentué cette baisse (respectivement -2,8 kg et -3,5 kg). La réduction du concentré a également dégradé l´évolution du poids vif des animaux et le bilan énergétique, mais pas l´état corporel.
Même réponse que pour des vaches traites deux fois par jour
La réponse a été identique à celle obtenue pour des vaches traites deux fois par jour alors que les chercheurs attendaient plutôt un effet réduit de l´apport de concentré en monotraite. Ce qui peut s´expliquer par le fait que la monotraite et la baisse du niveau d´alimentation diminuent la sécrétion du lait par des mécanismes partiellement différents.


(1) Dans la majorité des essais, les vaches en monotraite recevaient la même alimentation que les vaches en traite biquotidienne.

Les plus lus

<em class="placeholder">vache équipée pour mesure de courant électrique continu</em>
Courants parasites : un prototype embarqué sur vache laitière permet de mesurer en continu les courants perçus par l’animal

Les méthodes actuelles de diagnostic électrique, en élevage, ne permettent des mesures qu’à un instant t. C’est pourquoi un…

<em class="placeholder">Nicolas Legentil, éleveur normand et co-président de l’AOP FMB Grand Ouest et Normandie</em>
« J’ai deux acheteurs, Lactalis et Savencia, deux tanks mais seul le camion Eurial me collecte dans le Calvados »

Bloqué dans son développement par un contrat avec Lactalis pénalisant tout dépassement, Nicolas Legentil, éleveur laitier dans…

Cyril Mignon, éleveur laitier dans le Finistère
Monotraite partielle : « À 10h30, l’astreinte de la journée est terminée dans mon élevage laitier du Finistère »

Réduire l’astreinte tout en palliant les annuités liées à son installation, c’est un challenge qu’aimeraient voir aboutir…

<em class="placeholder">Vincent Guérin, éleveur dans le Calvados</em>
Courants parasites en élevage : « Le problème venait de mes racleurs dans le Calvados »

À l’EARL de la Pérouze, dans le Calvados, les soucis de courants parasites ont commencé en 2012. L’année d’implantation de…

<em class="placeholder">Alice Nothhelfer, vétérinaire consultante</em>
Abreuvement : « Le manque d’eau freine la production dans neuf élevages sur dix »
L’incidence d’un apport d’eau insuffisant sur les performances et la santé des vaches reste souvent peu palpable en élevage.…
Carte de la répartition des foyers déclarés de FCO 3 en France, à date du 13 mars 2025.
FCO 3 : moins de 100 foyers en une semaine et libre circulation des bovins sur le territoire national

À date de jeudi 13 mars 2025, le ministère de l'Agriculture annonce 10 410 cas de fièvre catarrhale ovine sérotype 3. La…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 96€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière