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Allo véto : une diarrhée et un diagnostic de paratuberculose

Les analyses de laboratoire montreront que cette vache, victime de diarrhée chronique, est atteinte de la paratuberculose.

Allo véto : une diarrhée et un diagnostic de paratuberculose
© O. Salat

« Bonjour, j’ai une vache du troupeau qui a la diarrhée. Elle va bien, elle mange, elle rumine, elle n’a pas de fièvre mais impossible de la lui faire passer. »

L’éleveur a déjà fait la plus grosse partie du travail en observant attentivement sa bête. L’absence de fièvre est importante. L’appétit est bon, l’état général également pour le moment. On peut donc exclure certaines diarrhées infectieuses graves comme la salmonellose.

Diarrhées chroniques mais pas de fièvre

À la palpation transrectale, tout est souple, une péritonite chronique est peu probable. À l’auscultation, pas de caillette qui se promène, pas de tympanisme, la panse tourne correctement. La vache n’est pas non plus ballonnée.

Il reste quelques hypothèses : alimentaire, parasitaire, tumorale, et certaines infections chroniques sans fièvre. Le questionnement de l’éleveur et l’observation de la ration permettent d’exclure une diarrhée à cause d’une transition alimentaire brutale, d’une herbe trop riche ou d’un ensilage mal conservé.

La vache a déjà eu des veaux et les boucles BVD sont revenues négatives : la vache n’est pas IPI (infectée permanente immunotolérante, incapable d’éliminer le virus).

Pour le risque d’infiltration tumorale de l’intestin, aucun examen n’est réalisable facilement. Un prélèvement d’intestin lors d’une laparotomie est possible, mais cela fait beaucoup de frais pour une affection qui ne sera pas traitable.

Il faut maintenant passer aux analyses de laboratoire : prélèvements de bouse et de sang. La coproscopie révèle l’absence de paramphistome et la présence de strongles en faible quantité, trop peu pour causer autant de diarrhée. Une analyse de lait permettrait de vérifier l’état parasitaire du troupeau. La sérologie et la bactérioscopie montreront malheureusement un résultat positif pour la paratuberculose.

La paratuberculose, une maladie réglementée

Cette maladie touche de nombreuses espèces de ruminants et se caractérise par une diarrhée chronique, sans température ni perte d’appétit, qui évolue vers une grosse perte d’état voire la mort. Il peut se passer plusieurs mois, voire années entre la contamination (souvent avant l’âge de 6 mois) et les premiers symptômes (souvent après 2 ans). Le diagnostic peut se faire de plusieurs manières :

• par les symptômes : diarrhée chronique, ne répondant à aucun traitement, provoquant un fort amaigrissement de l’animal atteint, des œdèmes, et au final la mort ;

• par les analyses de laboratoire en combinant analyses de bouses et de sang ;

• à l’autopsie : il y a une atteinte intestinale assez caractéristique, le « boyau blanc ».

Pas de traitement contre la paratuberculose

Comme pour la tuberculose, le traitement est interdit car très peu de molécules sont efficaces et elles sont préservées pour l’utilisation en médecine humaine.

Seule la prévention est envisageable : la bactérie survit longtemps dans le milieu extérieur (plusieurs mois). La contamination se fait le plus souvent par voie orale, via le lait et les bouses qui peuvent souiller les mamelles, éventuellement via du matériel de soin ou in utero.

Il faut absolument isoler les jeunes animaux des potentielles sources de contamination que sont les vaches adultes porteuses – porteuses à réformer en priorité.

Un point positif : tous les animaux contaminés ne finiront pas malades. Mais une fois la maladie déclenchée, souvent suite à un stress comme le vêlage, il n’y a plus de marche arrière possible… Un vaccin contre la paratuberculose existe mais ne peut être utilisé qu’avec une dérogation de la DDPP (direction départementale de la protection des populations) car elle interfère avec le diagnostic de la tuberculose.

Paratuberculose et tuberculose

La paratuberculose a un nom proche de la tuberculose car elle est causée par une bactérie de la même famille, les mycobactéries.

 

 
Points communs et différences entre paratuberculose et tuberculose
Points communs et différences entre paratuberculose et tuberculose © Source : Claudine Fouquet

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