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Bioéthanol/filière alimentaire
Une coexistence aisée

LE RISQUE de concurrence entre biocarburants et débouchés alimentaires inquiète. Il fait craindre une envolée des prix. Pas de risque pour le moment. En 2006, les surfaces consacrées à la production de bioéthanol représentaient environ 20.000 ha de céréales et 28.000 ha de betteraves. En 2010, l’objectif d’incorporation de 7 % d’éthanol représentera 350.000 ha de céréales (soit moins de 5 % de la sole actuelle) et 60.000 ha de betteraves (< 20 %). Et avec un gain de productivité de 0,8 % par an en moyenne sur la dernière décade, « d’ici 2010, près de 3 % des surfaces céréalières seront comblés uniquement par ce gain », expliquait Jean-François Loiseau, producteur et président de la commission énergie renouvelable de l’AGPB, lors d’une conférence de presse de Passion Céréales. Et le rendement en bioéthanol devrait s’améliorer. Par ailleurs, la France exporte environ 5 Mt/an de céréales, soit 600.000 ha. Cela « donne la mesure de la quantité que les producteurs pourraient immédiatement consacrer au bioéthanol sans interférer avec les surfaces à vocation alimentaire ». Et les règles d’échanges internationaux devraient être modifiées, limitant sûrement les exportations européennes déjà pénalisées par un dollar faible et une concurrence accrue. Ces paramètres, comme la sévère remise en cause les subventions à l’exportation, devraient restreindre ce poste. Le développement d’un nouveau débouché en France ne semble donc pas une ineptie. Avec une hypothèse d’incorporation à 20 % dans dix-quinze ans, le bioéthanol mobiliserait 12 Mt sur une récolte de 60 Mt, ce qui correspondrait à peu près à la part exportable. Pour la filière betteravière, la réforme de l’OCM sucre ayant réduit la possibilité d’exporter “hors quotas”, « l’essor de l’éthanol représente un simple maintien des surfaces historiques », explique Jacques Rousseau en charge du dossier à la CGB. Il pourrait même permettre d’ « éviter de fermer certains sites » menacés par l’OCM, comme l’a expliqué son président Dominique Ducroquet, lors d’une conférence.

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