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Perception des aspects sanitaires des produits animaux

La qualité des aliments d’origines animales s’améliore grâce aux efforts des interprofessions

LES CRAINTES liées à notre alimentation ont alimenté toute une batterie de règles de bonne conduite au sein des filières. Les consommateurs restent inquiets, mais une étude du Crédoc, présentée à Paris le 8 avril lors du bilan des dix ans de la parution du livre blanc sur la sécurité alimentaire organisé par Réséda*, montre que la perception de la sécurité sanitaire des aliments a évolué.

Des consommateurs de plus en plus sereins quant à leur alimentation
    Selon Gabriel Tavoularis, chargé d’études au Crédoc, « une bonne maîtrise de la communication lors de la grippe aviaire a participé à réduire les craintes des consommateurs, en comparaison avec l’ESB ». Cependant, en raison d’importantes crises sanitaires sur les produits animaux, la qualité de ces derniers reste la principale préoccupation des français. Ainsi, 89 % des interrogés en France déclarent prioritaire l’intérêt de la traçabilité pour les produits carnés, venant en tête des inquiétudes devant les médicaments ou les produits de la mer. Toujours selon l’étude,  les acheteurs de denrées alimentaires sont 81 % à privilégier des produits avec garanties d’hygiène et de sécurité, alors que 76 % prennent davantage en compte les aspects de compétitivité des prix. « La perception des risques sanitaires liés à l’alimentation est de plus en plus forte, mais les craintes vont en diminuant à force de contrôle et de communication à ce sujet » explique Gabriel Tavoularis. L’étude montre d’ailleurs qu’au niveau des risques pour la santé liés à l’alimentation, les consommateurs sont 32,2 % en 2009 contre 15 % en 2006 à craindre que des résidus de pesticides soient présents dans leurs aliments, alors que 16,9 % appréhendent les épidémies animales, un chiffre stable grâce aux efforts des filières.

Qui sont les garants de la traçabilité ?
    L’étude du Crédoc montre que dans l’Hexagone, 55 % des personnes interrogées pensent que l’État est garant de la traçabilité des produits alimentaires, contre 43 % dans les autres pays étudiés. Viennent ensuite les fabricants, qui selon 53 % des Français seraient responsables du suivi qualitatif des denrées qu’ils mettent en marché. Ainsi, ce sondage montre que les filières animales ont crédibilisé leurs actions en faveur de la qualité. Bernard Malabirade, éleveur de bovins viande, souligne que « le guide des bonnes pratiques d’hygiène pour les productions animales n’a pas surpris les éleveurs car un code déontologique avait déjà était mis en place par la profession ». Une charte de l’élevage et un contrôle accru de la traçabilité des matières premières utilisées par les fabricants d’aliment du bétail avaient déjà été mis en place depuis la crise de l’ESB dans les années 2000. D’ailleurs, Pascal Le Paih, responsable qualité au sein de la coopérative Le Gouessant, spécialisée dans l’alimentation animale, signale qu’un guide des bonnes pratiques a été réalisé par l’interprofession au même moment. Une démarche validée par les pouvoirs publics en mai 2008 après qu’ils aient reconnu officiellement ce guide au titre du réglement 183/2005 (Hygiène des aliments pour animaux) permettant ensuite de certifier les entreprises de fabrication d’aliments du bétail, dont 75 le sont aujourd’hui. Les contraintes seraient ainsi similaires à celles exigées en alimentation humaine.

*Réseau des organisations professionnelles et interprofessionnelles pour la sécurité et la qualité sanitaire des denrées d’origine animale.

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