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Mycotoxine : gestion du risque sanitaire

Gérer le risque des mycotoxines est aujourd’hui un enjeu économique de toute la filière agroalimentaire. 

Dans ce contexte, le laboratoire A.Bio.C. a organisé le 23 juin dernier une formation sur le thème : “OGM et mycotoxines dans les céréales et l’alimentation”. Des experts européens et internationaux (Sofia Ben-Tahar de Limagrain et présidente de la commission Afnor OGM, Michel Blanc, expert en contrôle sanitaire et Franck Galtier de l’Inra) ont pu exposer les avancées normatives et technologiques sur la réalisation et l’interprétation des analyses et la gestion sanitaire des produits.

Bonnes pratiques culture/stockage

Dans son exposé, Franck Galtier a présenté l’écologie des mycotoxines qui est liée à celle des champignons. Ainsi, Fusarium graminearum colonise les plantes en champs, alors que Fusarium moniliforme les colonise suite aux blessures mécaniques de la récolte. Ces contaminations naturelles dépendent de facteurs non maîtrisables (température, humidité, etc). Les conditions de stockages sont aussi une source importante de développement fongique : un stockage humide du maïs (ensilage) permet le développement de producteurs de zéaralénone et patuline alors qu’un stockage contrôlé (silos) favorisera celui d’aflatoxine et d’ochratoxine.

Les études chez l’animal montrent des effets hépatoxiques, néphrotoxiques, neurotoxiques, immunotoxiques, cancérogènes, mais aussi une infertilité mâle, une mortalité ou des malformations embryonnaires. C’est pourquoi l’Union européenne a établi des critères réglementaires visant à garantir aux consommateurs un niveau élevé de sécurité sanitaire.

Michel Blanc a évoqué la gestion du risque par l’Europe. Le faible niveau de contamination autorisé, la diversité des cultures concernées ainsi que l’hétérogénéité de l’échantillon font que cette législation a d’importantes répercussions sur le commerce et que des litiges peuvent apparaître (risque qu’un pourcentage élevé de la production soit déclaré non conforme).

Afin de gérer au mieux ce risque sanitaire et en l’absence de variétés résistantes, le respect des bonnes pratiques de culture et de stockage est nécessaire : utilisation de fongicides par temps frais et humide à la floraison, enfouissement des résidus de récolte, nettoyage des grains et réduction du temps entre récolte et stockage. Lors du stockage, éviter une élévation de température et une humidité des grains supérieure à 14 %.

Décontamination des lots infectés

La réglementation interdisant la dilution des lots non conformes, ils doivent donc être détruits ou décontaminés. Il existe ainsi des méthodes de séparation physique (nettoyage, flottation des arachides), de décontamination (inactivation thermique, irradiation), d’inactivation biologique (compétition par des microorganismes), de décontamination chimique (non autorisées pour les produits destinés directement à l’alimentation humaine).

De nombreux acteurs des filières de production de céréales, de transformation et d’élaboration d’aliments ont pu obtenir les dernières informations lors de la journée thématique organisée par le laboratoire A.Bio.C. Ces informations ont permis de mieux comprendre les résultats des analyses, l’importance de la problématique liée à l’échantillonnage, la gestion des filières tracées et des lots contaminés.

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