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Maïs : une arrière- saison salvatrice

Malgré la sécheresse, les récoltes de maïs se sont finalement terminées sur des résultats meilleurs que prévus.

DES TEMPERATURES moyennes élevées, des problèmes hydriques, la culture du maïs a encore souffert cette année ; et, avec l’affaire très médiatisée de l’irrigation, les producteurs aussi. Malgré tout, il semble bien que “le maïs tire son épingle du jeu” comme l’intitule Jean Renoux, technicien à Arvalis-Institut du végétal, au début d’une conférence de presse : «il y a un mois, le titre n’aurait pas été le même» remarque-t-il. En effet, même si la production passe de 16 Mt en 2004 à environ 13,3 Mt cette année, c’est avec un certain soulagement que l’on compare la situation médiocre des cultures de la fin septembre (où l’on estimait les rendements à 79 q/ha) à celle bien meilleure de ce début de novembre sur l’ensemble du territoire (84 q/ha).

Des variétés qui s’adaptent de plus en plus à la sécheresse

L’année 2005 restera une année particulière pour cette culture. Les chercheurs ont détecté, avec une netteté inhabituelle, les progrès génétiques du maïs, probablement en raison de la sécheresse du mois d’août. Ainsi, la culture aurait réalisé une progression significative dans ses capacités à résister à la sécheresse, les techniciens notant, au passage, l’amélioration des aptitudes de la plante à récupérer après un stress hydrique. Du côté du bilan climatique, sans surprise, le Sud-Ouest, et plus largement l’Ouest, voit encore ses réserves hydriques s’amoindrir, en témoignent les rendements avoisinant les 70 q/ha de ces régions où les arrêtés préfectoraux interdisant l’irrigation ont parfois été hâtés. A l’inverse, le quart Nord-Est a bénéficié de suffisamment d’eau, permettant de dépasser largement la moyenne nationale. Quoi qu’il en soit, les agriculteurs s’adaptent et optent pour des techniques intégrant des variétés précoces et une conduite «économe».

D’une façon générale, les semis précoces ajoutés aux sommes de température excédentaires ainsi qu’à un mois d’octobre particulièrement favorable, ont mené à des taux d’humidités à la récolte exceptionnellement bas: 27% en moyenne (-3 points en moyenne par rapport à l’an dernier). Le coût du séchage s’en trouve très amoindri et incite les techniciens à établir des rendements économiques qui prennent en compte ce coût évalué en quintaux. Cette unité est très appréciée des producteurs qui s’en servent pour élaborer leur stratégie d’irrigation.

«L’indestructible» chrysomèle inquiète les chercheurs

Les ravageurs habituels constituent, cette année encore un des points noirs de la production. «L’absence de traitements de semences coûte près de 500.000 t.», souligne Jean Renoux qui regrette que les producteurs n’exploitent pas plus les moyens de lutte mis à leur disposition. La conférence s’est poursuivie sur un problème tout aussi préoccupant que celui de la sécheresse récurrente : la chrysomèle du maïs. Selon Arvalis, les pièges mis en place dans le bassin parisien n’arrêteront pas le papillon qui passera inéluctablement au travers pour se répandre sur tout le territoire. L’institut doute que les rotations suggérées par l’Etat soit une mesure efficace, il lui demande d’agir autrement en augmentant la pression des piégeages et surtout, en autorisant la recherche sur des matières actives et ceci, avant que le coléoptère ne s’échappe dans «un désert de protection».

Du côté des adventices, il n’y pas eu de grosses difficultés pour les éliminer. Les conditions climatiques ont permis d’optimiser l’efficacité des passages. A ce sujet, les chercheurs constatent que les producteurs diminuent leur nombre notamment parce qu’ils abaissent leur niveau d’exigence et ce, pour des raisons économiques, sociologiques ou écologiques.

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