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La filière brésilienne veut un marché mondial pour l’éthanol

A l’occasion du sommet de l’éthanol, le Brésil a fait part de ses ambitions internationales

LEADER. Le sommet mondial de l’éthanol qui s’est déroulé les 4 et 5 juin à Sao Polo a consacré le Brésil qui est apparu comme la capitale de ce biocarburant. Et le pays de l’or vert entend bien conserver ce statut de leader partagé avec les États-Unis. Le Brésil assure 35 % de la production mondiale de bioéthanol, juste derrière son voisin nord-américain qui en produit 37 %. Pendant ces deux journées auxquelles ont participé de nombreux hommes politiques, investisseurs et spécialistes, les questions de la concurence entre les débouchés alimentaires et énergétiques, du réchauffement climatique ou du nucléaire ont été abordé. Mais le point le plus important reste la volonté manifeste de la filière éthanol au Brésil de créer un marché mondial pour ce produit de substitution au pétrole.

« Il faut créer un marché international sans barrières »

Le message est clair, le Brésil entend défendre la mise en place d’un marché mondial de l’éthanol. Lors de la cloture du sommet, la chef de cabinet à la présidence du Brésil, Dilma Roussef, a défendu cette position : l’éthanol brésilien est « une réalité d’énergie durable » qui s’est manifestée par un partenariat avec les nord-américains, a-t-elle déclaré. Elle a aussi fermement insisté sur la nécessité de « créer un marché international de cette matière première ». Une position logique compte-tenu des efforts réalisé par le Brésil, véritable précurseur dans l’utilisation et la production en masse de bioéthanol. Depuis les années 70, l’état aurait investi 30 milliards de dollars dans la filière.

Pour Daniel Yergin, président de l’Association de recherche sur l’énergie de Cambridge interrogé par l’Agence France Presse en marge du sommet, « toute la question est de savoir si nous aurons un marché international important de l’éthanol », ajoutant « nous n’en sommes pas encore là ». Du côté des investisseurs, l’heure n’est plus à la réflexion. Georges Soros, milliardaire américain très implanté dans le secteur au Brésil, a expliqué que si le marché interne existait déjà « la grande opportunité est d’approvisionner le reste du monde en éthanol »… rien que ça. « Comment ouvrir le marché aux États-Unis, en Europe, au Japon et comment créer un environnement avec des prix stables ?» s’est interrogé Georges Soros. Selon ce riche investisseur (près de 900 milliards de dollar investis dans des distilleries brésiliennes), qui se définit lui même comme « un spéculateur de l’éthanol », le Brésil serait en mesure de «multiplier par dix» sa production.

Entre la journée mondiale de l’enviromment, le 5 juin, et la rencontre du G8, le lendemain, les dates choisies pour ce sommet ne devaient sans doute rien au hasard. Le président du Brésil, Luis Inacio Lula da Silva en visite en Inde a vanté les efforts de son pays dont 45% de l’énergie utilisée est renouvelable, avant de se rendre en Allemagne à l’occasion d’un autre sommet, celui du G8. « Le problème du réchauffement climatique inquiète tout le monde et ce sommet de l’éthanol à Sao Polo va apporter des propositions pour que le Brésil reste le leader », a lancé le vice-président brésilien, José Alencar. Et d’ajouter : « Le Brésil a la terre, l’eau, le sol et Embrapa (entreprise brésilienne de recherche, ndlr), des conditions exceptionnelles pour diriger ce travail. Il va montrer au monde la viabilité de l’éthanol et des biocombustibles »soulignant que de nombreux pays y ont déjà adhérer, citant l’Afrique du Sud, la Chine, les États-Unis et l’Union européenne. Enfin, le vice-président s’est réjoui de la récolte de canne à sucre à venir qui « sera supérieure de 11,2 % à la précédente et plus de la molitié ira à l’alcool, soit plus de 20 milliards de litres ».

F. Gonzalez ne croit pas à la concurence entre produits alimentaires et énergétiques

«Certains discours contre l’éthanol et les biocombustibles me paraissent bizarres. Ce sont des déclarations banales voir frivoles qui cachent des intérêts que l’on ne peut pas avouer» a laché Felipe Gonzalez, ancien premier ministre espagnol et représentant de la fondation Progrès Mondial. Et de préciser : « on ne peut écarter le fait qu’il y ait des intérêts pétroliers derrière ». Ces déclarations s’inscrivent dans un contexte de contestations de l’opportunité de produire des carburants à partir de produits agricoles donc à destination alimentaire. Un récent rapport de l’Onu insistait sur le risque de concurence entre ces deux débouchés.

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