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Potimarron : optimiser la conservation

Applications en cours de végétation, gestion de l’irrigation, stade récolte, curing… différentes techniques et itinéraires culturaux peuvent influencer la conservation du potimarron.

« Les fortes disparités de conservation rencontrées parmi les lots de potimarron des producteurs laissent penser qu’il existe d’importantes marges de progrès », prédit Lucile Vernay, chargée d’expérimentation à la Serail. En effet, les nombreux essais variétaux et d’évaluation des techniques de conservation, menés depuis plusieurs années sur différents sites au niveau national, ne permettent pas de répondre entièrement au problème de conservation et n’offrent que peu de conseils quant aux moyens à adopter pour optimiser la revente de ce fruit et limiter les attaques de Didymella bryoniae et Fusarium sp, principaux agents pathogènes identifiés, et Colletotrichum sp. dans une moindre mesure.

Applications foliaires en cours de culture

Aussi depuis 2017, la Serail mène deux actions pour optimiser des itinéraires culturaux et évaluer différentes techniques pour améliorer la qualité de conservation du potimarron(1). L’une vise à optimiser les itinéraires culturaux pour améliorer la conservation post-récolte. Il s'agit notamment de,mesurer l’efficacité de produits alternatifs et d'optimiser les techniques et doses d’irrigation, en vue d’une meilleure conservation. L’autre  évalue l’impact des itinéraires post-récolte sur la durée et la qualité de conservation. Cette action s’oriente sur les moyens techniques qu’il est possible de mettre en œuvre en fin de culture, lors de la récolte et après, afin d’améliorer la conservation. Ainsi, deux éléments sont abordés : la détermination et la caractérisation d’un stade de maturité optimale du potimarron lors de la récolte puis l’évaluation de l’effet d’un « curing » : augmentation en température sur une dizaine de jours (voir encadré). « En 2017, plusieurs modalités ont été testées avec des premiers résultats et certaines ont été reconduites en 2018 », explique la spécialiste. L’effet d’applications foliaires en cours de culture, lors de la nouaison des fruits, sur la conservation a été évalué à partir de trois modalités. Modalités : M1 : Témoin Non Traité (TNT) ; M2 : Ranman Top à 0,5 l/ha, 2 applications ; M3 : Siliforce (à base de Silice + Bore) à 0,3 l/ha, 4 applications. « En 2017, l’application Siliforce a tendance à ralentir et réduire les taux de perte en conservation. L’effet des applications en cours de culture a été réévalué cette année avec en complément l’évaluation du Secura (à base de Calcium 15 % + Silice) à 2l/ha, 4 à 5 applications », précise Lucile Vernay, puisque des analyses minérales faisaient ressortir un taux significativement plus important en Calcium (Ca) sur les fruits qui se conservaient le mieux.

Réduire le taux de déchets

L’impact des méthodes d’irrigation sur la conservation du potimarron a été évalué en fonction de deux observations. En premier, les doses d’eau apportées peuvent jouer sur la conservation en influençant à la fois la teneur en eau du fruit, sa taille mais aussi le développement de champignons pathogènes. Trois modalités ont ainsi été testées : - M1 - stratégie déficitaire : maintenir l’irrigation jusqu’au stade nouaison (mi-juillet) en arrosant selon les seuils tensiométriques, puis arrêt total. - M2- stratégie producteur optimisé : arrosage selon les seuils tensiométriques. Arrêt de l’irrigation en août. - M3- stratégie producteur excès : arrosage selon des seuils tensiométriques. Arrêt de l’irrigation avant récolte. En second, les éclaboussures véhiculent le champignon, Didymella sp.. L’irrigation par aspersion pourrait donc être un facteur de développement du champignon. « Ainsi, nous avons comparé une modalité goutte-à-goutte, M4 GAG à la stratégie M2 – stratégie producteur optimisée. La gestion de l’irrigation s’effectue également selon les seuils avec un arrêt de l’irrigation en août », détaille la chargée d’expérimentation. L’évolution des taux de pertes en cours de conservation montre que M1 déficitaire, - 25 % d’eau utilisée, ralentit l’évolution des potimarrons sans toutefois réduire le taux de déchet en fin de culture. Un nouvel essai a été mis en place en 2018, en évaluant les rendements.

Des fruits récoltés à maturité

L’effet de la maturité du fruit à la récolte sur la qualité de conservation a aussi été observé en échelonnant trois dates de récoltes, avec environ 15 jours d’intervalle entre chacune d’entre elles. Modalités testées : - M1 : récolte des fruits peu mûrs (le pédoncule n’est pas desséché, la coloration du fruit est orange « claire », récolte effectuée à somme 1 000 degrés Jour, environ Semaine 35) - M2 : récolte des fruits mûrs (le pédoncule se dessèche, coloration caractéristique des fruits mûrs, orange « vif », récolte effectuée à somme 1 200 degrés Jour environ Semaine 37) - M3 : récolte des fruits très mûrs (le pédoncule est desséché depuis 15 jours, les fruits sont orange « vif » et « moins denses », récolte effectuée à somme 1300-1400 degrés Jour environ Semaine 39). Les résultats montrent qu’il y a plus de déchets en fin de récolte avec des fruits récoltés peu mûrs (M1) et que les fruits récoltés trop mûrs évoluent vite (M3). Les fruits récoltés à maturité ont le taux de déchets le plus faible (M2). A chacune des récoltes, puis en cours de conservation, les fruits ont également été caractérisés par des analyses de matières sèches (taux MS), taux de sucre (°Brix), et analyses minérales (N, P, K, Ca, Mg). Ainsi, selon ces relevés, les fruits mûrs ont le taux de sucre le plus stable, la chute de °Brix débute fin novembre et les fruits abîmés ont un °Brix souvent supérieur. En 2018, un travail en partenariat avec le CTIFL de Saint-Rémy-de-Provence est mené afin de quantifier et suivre précisément l’évolution des °Brix et des caractéristiques des fruits (dureté, taux de matière sèche, colorimétrie) aux différentes dates de récoltes, puis en cours de conservation.

(1) Résultats parus dans Brassica août 2018

L’effet tardif du curing

L’effet du « curing », augmentation de température durant 10 jours, et des conditions de stockage sur la qualité de conservation a été testé à la Serail (voir schéma). Les différentes modalités, mises en curing ou non, ont par la suite été conservées sous hangar ou en chambre climatique. Ainsi, six modalités ont été suivies en cours de conservation. Il apparaît que les modalités ayant subi un curing (en pépinière ou en chambre climatique) avant la mise en conservation sont les premiers à présenter des déchets. Par la suite, jusqu’en décembre, les taux de déchets sont similaires suivants les types de conservation. Ce n’est qu’à partir de janvier que l’effet du curing, ainsi que la mise en conservation en condition contrôlée (chambre climatique) présente un intérêt, avec une réduction significative des taux de déchets. Enfin, à la fin janvier, alors que la totalité des fruits est jetée en conservation hangar, seuls subsistent les fruits conservés en chambre climatique, avec une réduction des déchets en réalisant un curing. « Il semble que le curing accélère l’expression des symptômes des fruits attaqués par les pathogènes, en début de conservation, mais il améliore, à terme la qualité de conservation », résume Lucile Vernay. En 2018, tous les fruits récoltés seront conservés en chambre climatique, avec une dernière évaluation de l’effet d’un curing avant la mise en conservation.

Rédaction Réussir

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