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Agriculture urbaine et péri-urbaine
Nourrir la ville demain, une question de foncier disponible… et de lien social

AG2R La Mondiale et SNCF Immobilier ont fait témoigner lors d’une masterclass le 7 septembre des acteurs engagés sur la question de l’alimentation des villes.

Adrien Baysse-Lainé, géographe et enseignant-chercheur, illustre la question de la disponibilié des terres cultivables.
© Julia Commandeur - FLD

Dans un contexte de changement climatique et de post-confinement, qui ont souligné les risques de rupture d’approvisionnement des villes et les nouvelles attentes sociétales, l’agriculture urbaine et péri-urbaine reste le débat du moment. Lors du salon Produrable à Paris, AG2R la Mondiale et SNCF Immobilier ont d’ailleurs organisé, le 7 septembre, une masterclass : « Nourrir la ville demain : les enjeux de la transition alimentaires des villes ».

 

Droit foncier et plans d’aménagement du territoire

Il y a beaucoup été question de la problématique de la disponibilité des terres cultivables. Adrien Baysse-Lainé, géographe et enseignant-chercheur au Ceres, illustre : « Comment articuler approvisionnement local et aménagement (péri)urbain ? La Suisse est exemplaire à ce niveau-là puisqu’elle a inscrit dans sa loi d’aménagement du territoire l’obligation d’une réserve en cas de crise sous forme de territoires : chaque canton doit prouver qu’il a assez de terres cultivables pour assurer son alimentation en cas de crise. Et seul le canton de Genève est à la limite d’échouer à cette obligation. »

En passant par le droit et les projets alimentaires territoriaux, on peut donc réserver des terres. Le géographe a également cité des exemples français, dans la région de Lyon, qui fonctionnent (avec plus ou moins d’efficacité et de rapidité). La municipalité de Vaulx-en-Velin s’est associée avec la Safer pour créer un mode de gestion visant la recréation d’un bassin agricole avec des zones de priorisation des projets maraîchers. De son côté, depuis une vingtaine d’années, l’intercommunalité des Monts d’Or a créé un syndicat mixte pour acquérir des terres agricoles, pour défricher des terrains pour les rendre cultivables et surtout pour construire des infrastructures de transformation de cultures (légumes, fruits, céréales, viande…) : ainsi, tout ce qui est produit dans cette ceinture verte peut être transformé, commercialisé et vendu en local pour les communes. L’intercommunalité joue aussi sur les différents types de contrats locatifs des terres et bâtiments agricoles pour maintenir l’activité et prioriser les projets.

 

Terre de Lien a mis en place Parcel, un outil numérique permettant d’évaluer pour un territoire donné les surfaces agricoles nécessaires pour se nourrir localement, ainsi que les emplois agricoles et les effets écologiques associés.

 

De la réhabilitation de friches industriels à la création de lien social

Autre solution pour disposer de terres agricoles : réinvestir l’espace urbain. Ainsi, la start-up Cycloponics qui a ouvert la ferme urbaine La Caverne, a réhabilité une friche industrielle au sein même de Paris. L’expérience des Bergers Urbains a, elle, permis une transhumance des moutons à travers le Grand Paris, c’est-à-dire une réintroduction de l’élevage sur les espaces verts urbains et la vente en ultra-locale de la viande et du lait.

Dans tous ces exemples de solution, on observe que ces nouveaux modèles de production urbaine permettent, outre les économies sur les terres agricoles et les émissions de carbone, de réinstaurer du lien social. Ainsi, notons parmi les entreprises et initiatives venues témoigner : l’espace festif et de restaurants Ground Control (Paris 12e) en partenariat avec la Ferme Ouverte de Saint-Denis et le label Ecotable, pour la mise en œuvre d’une approche collaborative sur le bien-manger à l’échelle d’un territoire (production raisonnée, circuits courts et approvisionnements durables) ; mais aussi l’association de lutte contre le gaspillage alimentaire Solaal, le réseau national de cantines de quartier Les Petites Cantines qui vise à développer les liens de proximité, le réseau Cols Verts qui accompagne le développement de projets d’agriculture urbaine à l’échelle locale, l’Ecole Comestible qui vise à éduquer les enfants au goût, et le média en ligne sur les différentes formes d’agricultures urbaines Agri-city.

 

Et Anne-Claire Durand, de AG2R la Mondiale, de conclure la journée : « Nourrir la ville demain… De ce sujet complexe, j’ai noté la diversité des enjeux et des acteurs impliqués, la complexité des modèles économiques et la difficulté de mise en place des projets, mais aussi les nombreux bénéfices annexes à tous ces projets : Aménagement urbain, circuits courts, réduction des émissions de CO2, reconnexion de la ville à la nature, lutte contre le gaspillage alimentaire et lien social... »

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