Interview du président du Min de Châteaurenard
« ll est temps pour la filière provençale d’une véritable remise en question »
Député des Bouches-du-Rhône, Bernard Reynès est bien connu de la filière fruits et légumes. Interview sur quelques sujets d’actualités : Min de Châteaurenard, EGAlim…
Député des Bouches-du-Rhône, Bernard Reynès est bien connu de la filière fruits et légumes. Interview sur quelques sujets d’actualités : Min de Châteaurenard, EGAlim…

FLD : Vous êtes président du Min de Châteaurenard engagé dans un important programme de revitalisation (cf. FLD hebdo du 22 juin 2016). Où en est-on aujourd’hui ?
Bernard Reynès : Nous entrons dans la phase de réalisation de ce projet. J’ai récemment rencontré le ministre de l’Agriculture qui s’est montré à l’écoute de nos ambitions. Notre projet a reçu l’appui politique et financier, du conseil départemental des Bouches-du-Rhône et du Conseil régional Sud-Paca. De plus, le 20 juillet prochain, Pierre Dartout, préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, viendra en visite au Min. Il existe bien sûr quelques réticences locales. Mais, ce projet va au-delà du marché : bien sûr il s’agit de soutenir la filière fruits et légumes locale mais aussi au-delà toute la filière agro-agri alimentaire régionale. Le futur marché doit être une vitrine des savoir-faire des produits issus des terroirs de Provence. La régie du Min devra être à la hauteur de ces ambitions en évoluant. Une nouvelle forme sera à envisager : société d’économie mixte, société publique locale…
FLD : Vous avez participé aux débats autour de la loi EGAlim. Quel sentiment en tirez-vous ?
B. R. : Soyons clairs, il y a dans cette loi, des avancées notables. C’est sur la philosophie globale des débats qu’il y aurait peut-être à réagir, sur l’affaiblissement du Parlement et de la non prise en considération systématique des amendements proposés par les députés d’opposition. Mais très honnêtement, à l’heure actuelle, je suis plus inquiet par la récente décision de la Commission européenne de réduire de 15 % le budget de la prochaine Pac. Ceci est une vraie mauvaise nouvelle pour l’agriculture, au niveau national mais aussi à notre niveau régional.
FLD : Quel regard portez-vous d’ailleurs sur la filière fruits et légumes régionale ?
B. R. : Le début de l’année, et particulièrement ces derniers jours, a été particulièrement difficile pour les producteurs de fruits et légumes, entre les gels du début d’année et les derniers épisodes de pluie. Face à cette situation, je pense qu’il est temps pour la filière provençale d’une véritable remise une question. Contrairement à d’autres régions comme la Bretagne, par exemple, elle n’est pas véritablement organisée. Et pourtant nous avons tout : le sol, le climat et des producteurs de plus en plus professionnels. Je ne connais pas d’autre filière qui se soit autant remise en cause que celle-ci. Ce sera un sujet abordé pendant la visite du ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, programmée pour le mois de juillet.