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Implanter et entretenir ses bandes fleuries en verger

L’installation de bandes fleuries en verger permet d’attirer pollinisateurs et ennemis naturels des ravageurs. Des conseils pour leur installation et leur entretien sont rassemblés dans un guide réalisé par des instituts de recherche européens.

La densité de semis des mélanges fleuris doit être très comprise entre 2 et 5 g/m², en fonction la proportion de graminées et de dicotylédones. © RFL
La densité de semis des mélanges fleuris doit être très comprise entre 2 et 5 g/m², en fonction la proportion de graminées et de dicotylédones.
© RFL

L’impact de bandes fleuries sur la biodiversité fonctionnelle et les dégâts des bioagresseurs en verger de pommiers, a été étudié dans le cadre du projet européen EcoOrchard entre 2015 et 2018. A l’issue de ce projet, quatre instituts de recherche européens ont publié un guide technique sur les bandes fleuries en vergers : le FiBL (Suisse), le CRA-W (Belgique), l’Inrae et le Grab (France) (1). En plus d’identifier les bénéfices des bandes fleuries sur le verger, il donne de précieux conseils sur le choix des espèces et l’installation des bandes.

« Deux périodes de semis sont possibles pour les bandes fleuries : d’avril à mai et du début septembre à la mi-octobre, indique le guide technique. Dans les régions où les périodes de sécheresse sont fréquentes au printemps, les semis peuvent être reportés ou effectués à l’automne, afin d’avoir plus de chance de bénéficier rapidement d’une période humide induisant un bon taux de germination ». La densité de semis des mélanges fleuris doit être très faible, entre 2 et 5 g/m². Elle est proportionnelle à la part de graminées par rapport à celle de dicotylédones. Il est recommandé de réaliser un faux-semis environ quatre semaines avant le semis. « Après le semis, tasser le sol avec un rouleau pour assurer un meilleur contact entre les graines et le sol et réduire la germination des adventices. Arroser si la pluie n’est pas prévue dans les 48 heures. Il n’est pas recommandé de fertiliser les bandes fleuries », soulignent les auteurs du guide.

La première année décisive pour l’implantation

Une bonne gestion au cours de la première année est décisive pour permettre aux diverses plantes du mélange de bien s’implanter. « Une première coupe d’entretien est nécessaire lorsque les plantes ont atteint 30 à 40 cm de hauteur afin d’apporter de la lumière aux semis, décrit le guide. Cette opération permet aussi de réduire le développement des adventices qui germent plus rapidement (les fleurs semées ont besoin de 4 à 8 semaines pour germer) ». La hauteur de coupe doit être d’au moins 8 cm.

Il est préférable de couper et d’exporter les déchets de fauche plutôt que de broyer, car le paillage qui en résulte peut nuire à la germination de certaines graines. Une seconde coupe doit être faite 6 à 8 semaines plus tard, si la levée de la bande fleurie n’a pas été assez dense. « Cette coupe permet une meilleure pénétration de la lumière au sol et encourage la germination des graines restantes, précisent les auteurs du guide. Un troisième broyage après la sécheresse estivale avant la récolte peut être utile, puis un dernier doit être réalisé en septembre/octobre avant l’hiver pour réduire le risque de dommages liés au gel. »

Trois à quatre fauches à partir de la 2e année

« A partir de la deuxième année, le régime de fauche ou de tonte dépend en grande partie du mélange de graines utilisé, poursuit le guide. La hauteur de fauche ou de tonte doit être d’au moins 8 à 10 cm ». L’ouvrage conseille de réaliser trois à quatre tontes ou fauches par an. La première est réalisée au plus tard 2 à 3 semaines avant la floraison des arbres fruitiers, afin que les bandes fleuries soient développées et attractives pour les auxiliaires et pollinisateurs au moment de la floraison des arbres.

« La deuxième fauche a lieu environ 6 semaines après la floraison des arbres, pour augmenter la pénétration de la lumière dans la bande fleurie. Mais elle ne doit pas avoir lieu plus tard que fin juin-début juillet afin de permettre une nouvelle croissance et floraison », précisent les auteurs du guide. Cette fauche doit être évitée lorsque les principaux ennemis naturels des ravageurs ciblés sont les plus actifs. La troisième fauche est recommandée en septembre après la sécheresse estivale, en période de pré-récolte et après une période de floraison prolongée. Une dernière fauche est réalisée à la fin octobre, si la végétation est haute et si le risque de favoriser les campagnols est élevé.

(1) Auteurs : Lukas Pfiffner (FiBL), Laurent Jamar (CRA-W), Fabian Cahenzli (FiBL), Maren Korsgaard (EcoAdv. DK), Weronika Swiergel (SLU), Lene Sisgaard (UCPH) 

 

L’importance de la météo après le semis

Les conditions climatiques immédiates après le semis ont une influence majeure sur le résultat. Le semis entre avril et début juin permet la germination d’une partie des graines avant la sécheresse estivale. Certaines graines peuvent germer durant les années suivantes.

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