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Florent Mercier teste des variétés de lotier et luzerne pour faire face à la sécheresse estivale

Installé dans le Maine-et-Loire en zone très séchante l’été, Florent Mercier teste de nouvelles espèces et variétés fourragères pour identifier les plus résistantes à la sécheresse.

Florent Mercier a présenté ses essais de variétés de lotier et luzerne lors de la rencontre annuelle nationale du réseau Civam. © V. Bargain
Florent Mercier a présenté ses essais de variétés de lotier et luzerne lors de la rencontre annuelle nationale du réseau Civam.
© V. Bargain

Au Gaec du Pont de l’Arche, l’essentiel des fourrages est fourni par des prairies multiespèces pâturées ou récoltées en foin. Installé sur des sols à très faible productivité, les quatre associés élèvent 25 Brunes mixtes sur 90 hectares, dont 75 hectares de prairies, le reste en céréales. Ils transforment le lait en beurre, crème et fromages qu’ils vendent en direct. « Nous avons des sols très sableux avec des zones limoneuses très humides l’hiver et très séchantes l’été, avec une tendance acide. Les périodes de plein pâturage se réduisent à deux mois au printemps et un mois à l’automne, explique Florent Mercier. Nous recherchons des espèces et variétés adaptées à nos sols et à notre système et qui résistent à la sécheresse. » L’essentiel des prairies est constitué d’un mélange ray-grass anglais (7kg/ha), fétuque élevée (7 kg), fléole des prés (5 kg), trèfle blanc (3 kg), trèfle hybride (3 kg), lotier (8 kg) et trèfles annuels (3 kg – vesiculosum=flèche), qu’il sème sous couvert d’avoine d’hiver (20 à 40 kg). « La fléole par exemple convient bien à nos sols, elle est assez tardive. Le trèfle flèche est très productif, très résistant à la sécheresse, très tardif et adapté à la fenaison. Le lotier est très intéressant pour la qualité des fourrages et les protéines. Il est résistant à la sécheresse et facile d’implantation. Et les tanins qu’il contient sont intéressants contre les parasites. » Le Gaec a par ailleurs développé les surfaces de luzerne, qui sont passées de 2 à 15 hectares en 3-4 ans. Elle est toujours semée avec du lotier, du trèfle et un peu de graminées tardives.

Des plantes adaptées au contexte local

Florent Mercier teste différentes variétés de lotier et luzerne pour leur résistance à la sécheresse, leur adaptation au contexte de la ferme et leur sélection pour le pâturage. En 2019, il a engagé sur 1,5 hectare de prairie multiespèces un essai comparant un lotier paysan du Gers, basé sur la variété Léo, et un lotier commercial (Norton), en semant alternativement sur des bandes de 3 mètres de large un mélange intégrant l’une ou l’autre variété. Il a aussi implanté sur 1 hectare quatre variétés de luzerne (trois variétés population et une variété commerciale témoin). Enfin, il a semé 33 variétés de lotier et luzerne de conservatoire en placettes de 1 mètre carré. Et son objectif à terme est de produire sur la ferme ses semences de lotier et luzerne. « Ces semences coûtent cher en bio et il n’y a pas toujours le choix de la variété, estime-t-il. De plus, le fait d’avoir eu au moins un cycle de végétation sur le territoire fait que les plantes sont plus adaptées au contexte local. » Dès 2020, il devrait ainsi récolter les graines d’une luzerne population semée en 2016.

Une autre piste est celle des couverts végétaux pouvant être pâturés. « En général, je garde les prairies cinq ans, puis je sème un sorgho fourrager qui peut être pâturé l’été et fait une coupure entre la prairie et la céréale. Mais la réussite du sorgho est très aléatoire. » L’éleveur s’intéresse donc à d’autres espèces pouvant s’adapter à la sécheresse comme le teff (graminée cultivée en Afrique) ou encore le carthame. « Le carthame, de la famille du tournesol, a un enracinement profond et est utilisé comme fourrage dans les zones semi-désertiques. Il est résistant à la sécheresse et aussi au gel. »

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