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Récolte française 2019
Collecte biologique record en céréales et oléagineux

La récolte de grains biologiques atteint des sommets. Les volumes en conversion bio 2e année (C2) s'affichent en forte croissance.

© 5500589 Pixabay
Les dernières estimations de FranceAgriMer le confirment : au 1er octobre, la collecte de blé tendre bio et C2 a bondi de 80 % par rapport à 2018 à la même période. Elle se chiffre à 163 365 t en bio et C2, contre 90 602 t l’an dernier, certes une mauvaise année. Au total, les prévisions de la campagne actuelle dépasseraient les 200 000 t de blé tendre : un record malgré les coups de chaud du printemps. Les bilans prévisionnels tablaient sur 230 000 t, dont 175 000 t de bio (+58 % versus 2018) et 55 000 t de C2 (+122 %). « Heureusement, le marché reste très dynamique, avec une demande soutenue en origine France, et l’offre est encore en deçà des besoins nationaux », rassure Claude Choux, chargé de la commercialisation de Fermes Bio, structure regroupant trois coopératives dédiées au bio (Cocebi, Biocer et Probiolor). « Le prix du blé meunier français reste très ferme, car de plus en plus de gros transformateurs proposent des gammes bio. De plus, la prise de risque des agriculteurs bio est plus élevée », justifient les collecteurs. Si les importations globales de blé tendre reculent (elles se montaient, fabricants d’aliments pour animaux et meuniers compris, à 109 000 t en 2018/2019), celles réalisées par les meuniers peinent pourtant à baisser.

Bond des volumes en C2

Les autres céréales à paille voient aussi leurs collectes s’envoler : le triticale et l’orge doublent de volume, pour atteindre respectivement environ 80 000 t et 55 000 t en bio et C2. Les protéagineux évoluent dans les mêmes proportions, totalisant plus de 25 000 t en féveroles, et un tonnage identique en pois. Pour les oléagineux, la collecte de colza, encore très marginale, progresse néanmoins de 18 % à 3079 t, celle de lin de 122 % à 2 329 t… Celle de tournesol n’est pas encore complètement évaluée, en raison d’une récolte étalée, mais ne serait que l'égèrement en hausse. Tout comme celle du soja, dont les volumes atteindraient plus de 45 000 t. « Mais la forte pluviométrie de novembre entrave les récoltes et nuit à la qualité. Nos objectifs risquent de ne pas être atteints », nuance Christophe Pollet, directeur commercial à Agribio Union, implanté dans le Sud-Ouest et leader en soja bio. Même incertitude en maïs, dont le bilan prévisionnel prévoyait, grâce aux conversions, une collecte de 140 000 t, soit un bond de 30 %. « Mais avec la sécheresse de cet été (impactant les zones sans irrigation, soit la moitié environ des surfaces) et cet automne avec les difficultés de récolte, elle sera certainement inférieure. »

La récolte 2019 se démarque aussi par l’envolée des volumes de grains C2 disponibles. Leur part explose dans cette collecte. Elle pèse environ un tiers du blé tendre cultivé en bio, plus de la moitié du triticale, du pois… Ces grains, utilisables qu’en alimentation animale, à hauteur de 30 % dans les formules, ne peuvent être valorisés en totalité. « Leur prix a chuté, et cela pénalise les nouveaux arrivants en bio. Il faut compenser en soutenant les prix du bio », déplore Jérôme Caillé, président de la section bio de Coop de France. D’autant plus, qu’avec la nouvelle réglementation, le niveau d’incorporation du C2 sera réduit à 25 % dès le 1er janvier 2021.

 

 

 

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