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Pomme : prévoir les dates clés pour Braeburn

Gérer un verger, c’est prévoir les dates clés où des interventions sont nécessaires, tel l’éclaircissage. Des enregistrements sur vingt ans sur un verger de Braeburn ont permis au CTIFL de déterminer les écarts moyens entre ces dates.

La date de floraison moyenne pour Braeburn sur le centre de Balandran est le 1er avril.
La date de floraison moyenne pour Braeburn sur le centre de Balandran est le 1er avril.
© RFL

La prévision des dates d’apparition de stades clés dans le cycle du pommier est nécessaire pour la bonne gestion du verger. La floraison, les stades d’application des éclaircissants et la récolte ont besoin d’être anticipés pour bien réaliser les travaux nécessaires à ces stades. Les étapes les plus cruciales se déroulent sur une période courte, parfois moins d’une semaine et sont déterminantes pour la qualité des fruits. Pendant vingt ans, ces stades clés ont été suivis sur la variété Braeburn sur le centre opérationnel de Balandran (Gard) du CTIFL.

L’évolution de la phénologie observée entre 1999 et 2021 montre le 2 mars comme la date moyenne de débourrement avec un écart de 15 jours entre l’année la plus précoce (2002) et l’année la plus tardive (2005). L’écart entre la date de débourrement et le début de floraison (10 % de fleurs ouvertes) est en moyenne de 29 jours, l’écart le plus faible étant de 23 jours et le plus long de 39 jours. L’écart moyen entre deux stades consécutifs de développement est de quatre jours. En climat méditerranéen, à partir de la date de débourrement, avec la connaissance de cette cinétique d’apparition des stades, il est possible d’estimer la date de floraison. Cette estimation sera à moduler en fonction des variations de températures par rapport aux normales saisonnières.

Le stade 10 mm, 15 jours après la floraison

La date de floraison moyenne pour Braeburn sur le centre de Balandran est le 1er avril. La date la plus précoce ayant été le 18 mars 1997 et la plus tardive le 14 avril 2013. Il n’y a pas de tendance à plus de précocité ou tardivité avec le temps. La floraison passée, une planification des interventions d’éclaircissage pour réguler la charge s’impose rapidement. L’efficacité des régulateurs de croissance homologués est maximale sur une plage étroite de phénologie relative au diamètre moyen du fruit.

Sur la période 2001-2015, le stade 10 mm est atteint en moyenne 15 jours après la pleine floraison (F2) avec une variation de 13 à 19 jours. Le stade 15 mm est atteint en moyenne 23 jours après F2. Le grossissement moyen quotidien des fruits suivis est de 0,67 mm. Le grossissement le plus lent étant de 0,64 mm par jour en 2002 et le plus rapide de 0,92 mm par jour en 2004. La valeur moyenne de grossissement journalier peut-être utilisée pour prévoir les dates d’applications potentielles des éclaircissants. Les mesures en verger et le suivi météorologique amènent les correctifs nécessaires aux adaptations à une parcelle ou à une année donnée.

Un début de maturité 170 jours après la floraison

Le niveau de maturité des fruits à la récolte influence leur capacité de conservation et leur qualité finale, d’où l’importance de cibler la bonne période. Toujours pour la variété Braeburn en climat méditerranéen, sur les données du CTIFL, la date de maturité moyenne, déterminée par le stade 5 de la régression de l’amidon, est le 18 septembre avec des variations selon l’année allant du 10 septembre au 30 septembre, soit en moyenne 170 jours après la floraison.

Le gain moyen d’amidon est de 0,5 point en quatre jours entre le début des mesures de maturité (stade 2 de la régression d’amidon) et une maturité avancée (stade 9-10 de la régression d’amidon). La tardivité ou précocité de l’année n’influencent pas ce rythme d’évolution de la régression d’amidon. En revanche les températures supérieures à 30°C dans la période avant récolte accélèrent la maturité de certains fruits. Une récolte anticipée est alors nécessaire pour éviter la chute de fruits.

Source : INFOS-CTIFL n°373

Braeburn, une variété précoce

© Getty Images/iStockphoto
La variété Braeburn débourre en moyenne sur le site du CTIFL de Balandran neuf jours avant Golden Delicious. Ses besoins en froid sont en effet moins importants que la variété de référence. Parmi les variétés courantes Braeburn est aussi la première variété à être éclaircie chimiquement. C’est une des variétés avec la croissance de fruit la plus rapide.

 

Une évolution de la maturité sur dix jours

Les caractéristiques physico-chimiques évoluent sur les dix jours compris entre le stade 2 et le stade 9-10 de la régression d’amidon. Le gain moyen de teneur en sucre est de 0,5 % Brix en dix jours. Le niveau atteint à la cueillette est donc très dépendant de la valeur en sucres au début de la régression d’amidon. Les fortes teneurs en sucres sont plutôt liées aux températures élevées. Cependant, des températures au-delà de 30°C entraînent une fermeture des stomates et une vie ralentie du pommier préjudiciable à la teneur en sucres. La perte moyenne d’acidité est de 0,35 g/l en dix jours. Les différences observées entre les années ont des origines climatiques. Plus le printemps est froid, plus l’acidité sera élevée. La perte moyenne de fermeté est linéaire et de 0,6 kg/cm². Elle n’est pas influencée par la précocité ou tardivité de l’année.

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