COT'Hebdo Céréales et sucre
Marché des céréales et sucre du 15 au 22 avril 2026 - Des prix à la hausse, en raison de conditions météorologiques adverses
L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 15 et le 22 avril 2026, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.
L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 15 et le 22 avril 2026, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.
Le cours du blé tendre en rendu Rouen, sa place de référence sur le marché physique français, a progressé entre le 15 et le 22 avril 2026, de 4,50 €/t sur la période avril-juin à 183,50 €/t, dans le sillage des marchés à terme européen et états-unien. Sur Euronext, le contrat blé a grimpé sur la semaine, de 1,25 €/t sur l’échéance mai (récolte 2025), à 195,50 €/t, et de 4 €/t sur l’échéance septembre (récolte 2026), à 208,50 €/t. Sur le CBOT, les cours du blé états-unien ont gagné 5,50 cts$/boisseau sur l’échéance mai (récolte 2025), à 593,75 cts$/boisseau, et 5,25 cts$/boisseau sur l’échéance juillet (récolte 2026), à 607 cts$/boisseau.
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Les conditions météo inquiètent les marchés. Les conditions de culture "bonnes à excellentes" du blé d’hiver aux Etats-Unis ont reculé de 4 points sur la semaine d’après l’USDA, s’établissant à 30 % des surfaces contre 34 % la semaine dernière et 45 % l’an dernier. De même, en France mais aussi en Allemagne par exemple, la sécheresse semble s’imposer. En revanche certains pays font état de production 2026 record. Cependant, la bourse de Rosario a estimé en Argentine ce mercredi la baisse de la marge des producteurs de blé de 43 % entre le 13 mars et le 10 avril 2026, laissant supposer des baisses de production potentielles comparées au prévisionnel.
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Les marchés hexagonaux restent plutôt calmes en termes d’activité. Les agriculteurs sont pris par les travaux aux champs cette semaine et sont peu disponibles pour travailler à la vente de leur production 2025, limitant de fait les transactions. Côté acheteurs, les fabricants d’aliments pour animaux français sont bien couverts en ancienne récolte et seuls quelques compléments sont réalisés. En nouvelle récolte, acheteurs et vendeurs sont hésitants et préfèrent patienter. La demande de la part des Belges et Néerlandais est quant à elle importante. Les exportations sont enfin dynamiques sur la fin de campagne induisant des primes à la hausse sur les ports.
Activité régulière sur le port de Rouen
Les coûts du fret fluvial n'ont pas évolué entre le 15 et le 22 avril 2026. Sur le bassin de la Seine, l’activité est satisfaisante sur le port de Rouen, en ce mois d’avril mais avec toujours aussi peu de visibilité sur le moyen et le long terme. Avec un mois de mai tronqué par les multiples jours fériés (une seule semaine comptabilisera 5 jours ouvrés), les opérateurs anticipent un ralentissement de l’activité, avec de potentielles difficultés d’exécution. On notera que les cultures se portent bien sur l’hinterland du port normand. Les opérateurs du transport fluvial s’adaptent au niveau élevé des prix des carburants, en majorant la clause carburant dans les contrats concernés ou en négociant des hausses raisonnables des prix du carburant. Pour l’heure, les chargeurs jouent le jeu.
Sur l'intracommunautaire, l'activité est peu soutenue, à l’image de ces trois dernières campagnes. Pour l’heure, on ne prévoit pas d’importants transferts de marchandises sur le Benelux sur la fin de campagne.
Rien à signaler sur le Rhin
Sur le Rhin, les prix de base du transport par la voie d’eau n’ont pas évolué d’une semaine sur l’autre. La navigation sur le fleuve est normale.
Laurent Morin et Karine Floquet
Maïs
Des achats limités malgré une offre abondante
Les prix du maïs ont progressé en rendu Bordeaux, sa place de référence sur le marché physique français, entre le 15 et le 22 avril 2026, gagnant 3 €/t sur la période avril-juin à 198 €/t, dans le sillage des marchés à terme européen et états-unien. Sur Euronext, le contrat maïs a grimpé sur la semaine, de 2,25 €/t sur l’échéance juin (récolte 2025), à 195,50206,75 €/t, et de 3,50 €/t sur l’échéance novembre (récolte 2026), à 207 €/t. Sur le CBOT, les cours du maïs états-unien ont gagné 3 cts$/boisseau sur l’échéance mai (récolte 2025), à 454,25 cts$/boisseau, et 3,75 cts$/boisseau sur l’échéance juillet (récolte 2026), à 467 cts$/boisseau.
Compte tenu des prix et du niveau de couverture, la demande française est limitée. Les fabricants d’aliments pour animaux ne s’approvisionnent que s’ils sont en manque de marchandise et uniquement pour couvrir des besoins techniques de formulation. Quelques achats de compléments de fin de campagne sont réalisés avec les acteurs habituels du Sud-Ouest mais sur des échéances rapprochées et en quantité réduite. Les industriels attendent quand ils peuvent le mois de juin pour faire un point de leur besoin supplémentaire et savent pertinemment qu’ils ne rencontreront pas de difficulté pour s’approvisionner compte tenu des disponibilités. Les Espagnols ne sont pas aux achats en France en raison des coûts élevés du transport à la suite du conflit au Moyen-Orient et de prix espagnols en baisse. Enfin les acteurs du Sud-Est bénéficient d’une demande dynamique des Italiens, les bassins concurrents à la France n’étant pas compétitifs.
Orge fourragère
De rares disponibilités
Les prix de l’orge fourragère ont progressé en rendu Rouen, sa place de référence sur le marché physique français, entre le 15 et le 22 avril 2026, gagnant 4 €/t sur la période avril-juin à 188 €/t et 8 €/t sur la période juillet-septembre à 204,50 €/t, dans le sillage du blé tendre.
Il faut noter que les disponibilités en orge sur l'ancienne campagne se font très rares, limitant de fait les transactions.
Orge de brasserie
Cours haussiers
Les cotations de l’orge de brasserie sur le marché physique français ont progressé (de +3,50 €/t à +9,50 €/t), entre le 15 et le 22 avril 2026, toutes variétés confondues mais de façon plus marquée en nouvelle récolte qu’en ancienne. Quelques affaires se sont traitées sur la semaine.
Blé dur
Un intérêt espagnol
Les prix du blé dur ont progressé entre le 15 et le 22 avril 2026, gagnant à titre indicatif 5 €/t sur la période avril-juin à 245 €/t en rendu Port-La-Nouvelle, dans le sillage du blé tendre. L'intérêt acheteur se limite à l'Espagne. Le marché est de fait globalement calme en raison de la volatilité des cours du blé tendre sur Euronext, en lien avec la versatilité de la situation au Moyen-Orient. Les opérateurs sont frileux.
Céréales secondaires
Cours en hausse
Les prix de l'avoine noire et du triticale suivent une tendance haussière entre le 15 avril et le 22 avril 2026.
Sucre
Les prix du sucre évoluent irrégulièrement
Les prix du sucre brut ont évolué irrégulièrement sur la période allant du 13 au 20 avril 2026, à la baisse en sucre brut (- 1,21 ct$/livre, à 13,47 cts$/livre) et à la hausse en sucre raffiné (+6,40 $/t, à 417,60 $/t). La situation du conflit au Moyen-Orient pèse sur la filière, la volatilité des cours du pétrole influençant ceux de l’éthanol. Les prix du sucre sont tributaires des inquiétudes concernant les perturbations de l’approvisionnement dues à la fermeture du détroit d’Ormuz. Selon Covrig Analytics, elle a freiné environ 6 % du commerce mondial du sucre, limitant la production de sucre raffiné.
La rédaction
À surveiller
Blé tendre
- Conditions de culture aux Etats-Unis et en Europe
- Dynamisme des exportations
- Besoins vers le nord-communautaire.
- Impact de la guerre au Moyen-Orient sur les prix des grains et des intrants.
- Compétitivité du blé argentin.
Maïs
- Conditions de culture aux Etats-Unis
- Besoins vers le nord-communautaire.
- Quid des ensemencements dans l’hémisphère nord.
- Quid des ensemencements en Amérique du Sud
- Logistique à l’exportation au Brésil et en Argentine.
Orge
- Demande intérieure et à l’exportation sur pays tiers (Moyen-Orient).
- Conditions de culture en France.
- Demande de la nutrition animale.