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RÉCOLTES 2016
Une production de blé tendre proche de la moyenne quinquennale ?

Si les conditions de cultures se sont dégradées, les experts de FranceAgriMer n'ont pas semblé être outre mesure alarmés, et estiment qu'il est encore trop tôt pour savoir à quel point la collecte sera affectée.

« Le taux de cultures jugées dans des conditions bonnes à très bonnes baisse de 2 points pour l'ensemble des céréales », a indiqué Bertrand Alison, chargé du suivi des cultures chez France-AgriMer, le 9 juin à Montreuil. Ce sont bien entendu les fortes précipitations qui ont touché bon nombre de régions françaises courant mai-début juin, et les inondations annexes, qui sont à l'origine de ce constat. Ajoutons à cela les températures fraîches, le vent et les gelées tardives dans certains secteurs de début mai.

Attention à la fusariose en juin

Toutefois, les experts présents ne sont pas alarmistes. « En blé tendre, on partait sur un potentiel record, comparable à celui de l'an dernier, pour finalement s'approcher de la moyenne sur cinq ans », explique le président du conseil spécialisé Céréales, Rémi Haquin. Il précise toutefois que « qu'on ne connaît pas encore les conséquences sur les quantités et la qualité de la récolte à venir : le mois de juin sera déterminant ». Il faudra espérer que le soleil sera au rendez-vous, car « le rayonnement peu élevé et l'humidité peuvent engendrer des problèmes de fusariose », ajoute Bertrand Alison.

Dans le détail, les conditions de cultures en blé tendre sont jugées bonnes à très bonnes dans 79 % des cas en semaine 22 (81 % en semaine 21), dont « 27 % sont dans des conditions très bonnes », précise le chargé de suivi des cultures. Il indique que les régions Centre et Poitou Charente ont été les plus touchées, avec des symptômes de virose, de rouille jaune et de piétin échaudage. Dans le Sud-Ouest (Midi-Pyrénées), les grêles et les fortes pluies ont engendré des problèmes de verse. Le constat est assez similaire du côté des orges d'hiver et du blé dur. Le taux de cultures jugées dans des conditions bonnes à très bonnes s'élève à 76 % en semaine 22 (contre 78 % la semaine passée) pour l'orge d'hiver, et à 68 % en blé dur (contre 70 % la semaine précédente). Si les orges de printemps voient leur notation reculer de 2 points, les parcelles se trouvent dans des conditions bonnes à très bonnes dans 91 % des cas. 

En maïs, Bertrand Alison a tenu là aussi à relativiser l'impact de la météo sur les cultures, en comparant l'année 2016 à celle de 2013, année difficile pour les semis. « Les emblavement 2016 sont achevés à 98 % en 2016, contre 87 % en 2013 », rappelle le spécialiste. Des retards sont essentiellement signalés dans l'Est (Alsace, Bourgogne) et le Centre. Ajoutons à cela quelques dégâts de la mouche géomyse dans les Pays de la Loire et en Bretagne. Les conditions de cultures sont jugées bonnes à très bonnes dans 77 % des cas en semaine 22 (79 % en semaine 21), contre 86 % en 2015 à pareille époque.

Peu de surfaces inondées ?

Le pourcentage de surfaces inondées est impossible à déterminer avec précision à l'heure actuelle, selon les experts. Dans la région Centre, les cultures ont tout de même subi de fortes inondations. À l'image de certaines zones du Gâtinais où, jeudi, dans quelques parcelles, les orges de printemps avaient encore les pieds dans l'eau, et ce, jusqu'à l'épi. « Avec le temps chaud de ces derniers jours, la pression maladie y est très forte, mais il n'est pas facile d'y remédier puisque le sol gorgé d'eau ne porte plus. Il est donc difficile d'appliquer un fongicide sans laisser d'ornières », constate un négociant de la région. Localement, la récolte est attendue en retard de deux semaines.

Quant aux inquiétudes concernant d'éventuels problèmes de fertilité, elles appartiennent, semble-t-il, au passé. « La période sensible est derrière nous. Nous n'avons plus de craintes particulières quant à l'apparition de parcelles touchées par des problèmes de stérilité », a indiqué Rémi Haquin. 

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