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Éleveurs laitiers néerlandais : une “liste blanche” de Fab

Pour livrer les éleveurs laitiers des Pays-Bas, les fabricants d'aliments pour animaux (Fab) doivent, depuis le 1er janvier, figurer sur la “liste blanche” définie par la filière Lait néerlandaise. Une démarche très loin des pratiques en France.

La filière laitière néerlandaise, suite à des contaminations par aflatoxines, exige désormais que ses éleveurs livreurs ne s'approvisionnent qu'auprès de fabricants d'aliments pour animaux (Fab) figurant sur une liste positive, la “liste blanche”. Les Fab belges annonçaient, tout début janvier, que la certification Food Chain Alliance (FCA) qu'ils soutiennent via leur syndicat Apfaca, est désormais reconnue par les Néerlandais. Ils peuvent donc continuer à livrer les éleveurs laitiers de l'autre côté de leur frontière septentrionale. La Belgique produit environ 7 Mt d'aliments dont 300.000 t sont exportées sur les Pays-Bas. Dans ce volume, 15.000 t sont destinées aux vaches laitières néerlandaises. Quant à la France, au vu des faibles volumes exportés, l'impact pour les Fab français est négligeable.

La Belgique et la certification Food Chain Alliance

Quelque « 99 % des fabricants d'aliments belges et 99 % du volume produit en Belgique sont certifiés FCA », rappelle Yvan Dejaegher, directeur général d'Apfaca, qui explique : « Depuis 2003, le secteur belge des aliments composés pour animaux met en place un plan d'échantillonnage collectif. Ce programme, auquel tous les affiliés de l'Apfaca sont obligés de participer, est basé sur une analyse des risques, fréquemment actualisée. » C'est l'une des bases de la certification FCA.

Le syndicat vient d'ailleurs de lancer son 14e plan annuel. Il compte 2.054 échantillons, répartis sur toute l'année 2016 et sur les 253 entreprises participantes, essentiellement des fabricants d'aliments et de prémélanges. « Cha-que plan collectif d'échantillonnage de l'Apfaca est validé par Ovocom asbl (ges-tionnaire indépendant du contrôle de qualité de la chaîne de l'alimentation animale), par l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca), par le Comité scientifique de l'Afsca et, depuis le 1er janvier 2016, également par le Nederlandse Zuivel Organisatie (par le biais d'un audit indépendant) », complète Yvan Dejaegher.

La France et Oqualim

En France, les fabricants d'aliments pour animaux ont également mis en place des plans d'autocontrôles mutualisés, depuis 2009, dans le cadre d'Oqualim. Le plan pour les aliments conventionnels couvre désormais 83 % des 21 Mt de la production française, toutes espèces confondues. Le programme 2016 prévoit plus de 9.000 analyses en alimentation conventionnelle (5.000 sur les matières premières, 4.000 sur les produits finis) et 3.500 analyses pour les prémélanges, les minéraux, les aliments liquides et les aliments diététiques. Cela, sans compter le plan spécifique aux aliments Bio, opérationnel depuis 2011, avec 1.650 analyses orientées sur les contaminants spécifiques (résidus de pesticides...).

Des plans de contrôle interconnectés

En France, la démarche Oqualim est très centrée sur le maillon nutrition animale et le plan annuel est orienté au travers d'une analyse de risques collective. Toutefois, elle se coordonne avec d'autres démarches telles que Qualimat Transport et, de plus en plus, s'articule avec les autres certifications de son amont. Le secteur de la nutrition animale contribue aux plans de surveillance Irtac (observatoire Hypérion lancé le 16 septembre dernier) et le PSO (plan de surveillance des oléagineux), développé par Terres Inovia et l'Iterg : l'intégralité des analyses sur les céréales, les produits céréaliers, les graines oléagineuses, les huiles et tourteaux viennent abonder les plans de ces deux filières. « Nous sommes également en train d'avancer sur la reconnaissance mutuelle avec les autres certifications européennes, notamment GMP+. Les comparaisons poussées entre systèmes donnent à penser que nous pourrions bientôt proposer des compléments de notes. C'est-à-dire qu'une entreprise certifiée Oqualim n'aurait que quelques compléments à obtenir pour être GMP+ et vice versa », explique Céline Ravel, ingénieur délégué d'Oqualim.

Pour autant, la démarche n'est pas encore utilisée par l'aval. Dans l'univers des laiteries, particulièrement, aucune entreprise n'impose de liste positive de fabricants d'aliments à ses éleveurs. Par exemple, la Coopérative laitière de la Sèvre exige une démarche non-OGM, explique Laurent Stéfanini, directeur de la branche Ruminants d'Alicoop. « Les marchés à l'export étaient déjà en place au début des années 2000. Le non-OGM a été retenu pour consolider des pratiques, en phase avec le positionnement des marques Échiré (beurre) et Sèvre et Belle (fromages de chèvres). Il n'y a pas de référencement des fabricants mais une obligation pour l'éleveur de respecter le cahier des charges, avec contrôle des exploitations. » D'autres cahiers des charges spécifiques existent, bien sûr, comme Terra Lacta (groupe Soparind Bongrain). Dans le cadre de son cahier des charges AOP Cha-rentes-Poitou, elle interdit depuis fin 2014 les huiles de palme, palmiste, coprah, arachide, tournesol, lin et olive, quelle que soit leur forme d'apport.

La certification FCA désormais reconnue par les Néerlandais.

Autres cas particuliers, les filières engagés dans des démarches, comme Bleu-Blanc-Cœur. Ici, ce n'est pas la laiterie mais l'association elle-même qui dresse une liste des fabricants d'aliments, impliqués dans la démarche. Dans le lait, seule la filière Bio, à travers Biolait, demande, depuis un an, que les éleveurs se fournissent auprès de fabricants d'aliments engagés dans le plan Oqualim Bio.

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