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Les trois facteurs qui vont influencer le marché du blé en 2024

Comme chaque année, l’Association générale des producteurs de blé (AGPB) a présenté sa feuille de route pour l’année qui commence. Petit tour d’horizon entre économie des exploitations agricoles, élections UE et Ukraine.

Eric Thirouin (à gauche), président de l'AGPB, et Philippe Heusèle, secrétaire général, lors de la présentation des axes de travail de l'AGPB en 2024.
© Thierry Michel

Éric Thirouin et Philippe Heusèle, respectivement président et secrétaire général de l'Association générale des producteurs de blé (AGPB), ont présenté à la presse les grands sujets qui mobilisent les professionnels de la filière en cette année 2024, ce mercredi 17 janvier à Paris. Au menu notamment : les actualités européennes avec l’ouverture des négociations autour de l’adhésion de l’Ukraine à l’UE et les élections européennes de juin 2024, l’économie des exploitations agricoles, Ecophyto 2030, la planification écologique, les conséquences des intempéries de fin d’année 2023 et le SIA 2024. Ils ont aussi partagé les perspectives de l’activité céréalière pour l’année qui démarre.

Moissons difficiles et semis compliqués

En ouverture, les deux responsables ont confirmé les chiffres de rendement (quasi 75 q/ha) et de production (35,1 Mt) pour le blé français sur la récolte 2023. « Un résultat relativement correct », a estimé Eric Thirouin. En orge, on se situe à 75,6 q/ha en rendement et 12,274 Mt en production. « On a en effet connu un été un peu compliqué et une moisson rallongée. Ceci nous fait dire que définitivement, le climat est un sujet à prendre de plus en plus en compte » dans les cycles de production et l’équation économique de la filière. Une inquiétude cependant, « si les rendements sont là, en revanche les cours n’y sont plus et on assiste à un croisement entre les prix payés aux producteurs, départ ferme, et les coûts de production ». Il estime aussi que les prix d’intermédiation (différence entre les cours sur Euronext par exemple et le prix payé aux producteurs) ont « flambé ». Ils seraient passées d’une fourchette de 10-25 €/t à une fourchette de 15-35 €/t, selon les responsables de l’AGPB. 

Pour la nouvelle campagne et les semis d'automne, la fin d’année 2023 très pluvieuse a considérablement gêné les travaux aux champs – « certains semis ont été effectués dans des conditions exécrables et certains ne lèveront pas » – ce qui pourrait aboutir – une hypothèse bien sûr très provisoire et à affiner au fur et à mesure de la campagne – à une sole en céréales en retrait de 10 % à ce jour (non semée ou mal levée). L’autre question est de savoir ce qui pourra être fait de ces surfaces non ensemencées (maïs, orge de printemps… ?).

Dossiers européens

Outre les sujets de réglementation (nationaux ou au niveau de l’UE), deux grandes questions vont préoccuper les producteurs de céréales en 2024, d’un côté les élections au niveau du Parlement européen et le renouvellement de la Commission européenne, d’une part, avec des interrogations qui seront faites aux différents candidats pour savoir à quelle agriculture européenne ils aspirent (Green Deal, compétitivité, budget et positionnement international de l’agriculture de l’UE) et quelle position et intégration de l’Ukraine dans le bloc UE ? Pour ce pays, son adhésion peut se révéler « une formidable opportunité ou une vraie catastrophe » pour les deux responsables. « Ayons à l’esprit que le bloc UE + Ukraine peut devenir le premier exportateur mondial de céréales et peser pour 25 % des exportations de blé dans le monde », rappelle Philippe Heusèle. Mais attention aux règles d’intégration et au respect des contraintes posées par le Green Deal à l’agriculture ukrainienne. 

Même si les céréaliers ont un peu « le moral dans les chaussettes » à l’aube de cette année, des opportunités existent afin de remonter la pente pour une année 2024 qui sera aussi l’occasion de célébrer les 100 ans de l’AGPB (fondements posés en 1924 et concrétisation légale en 1925).

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