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La mouche méditerranéenne des fruits se répand dans les vergers

La pression de la mouche méditerranéenne des fruits augmente du fait des changements climatiques, limitant les hivers doux. Un ravageur problématique, aussi à l’export.

Ceratitis capitata, la mouche méditerranéenne des fruits est un ravageur polyphage de la plupart des espèces fruitières. Elle est la cause de dégâts sur pêche, abricot, citron et sur les variétés de pommes récoltées après fin septembre. Comme son nom l’indique, elle est répandue dans toutes les régions qui ont un climat tempéré chaud de type méditerranéen. Elle est considérée comme un ravageur de quarantaine dans des pays tiers vers lesquels la France exporte ou souhaite exporter. Les dégâts sont provoqués par la ponte des œufs sous la peau du fruit. Une petite tache marron apparaît alors, et évolue en pourriture. Si elles se développent, les larves se nourrissent de la pulpe du fruit provoquant une dépression sous la zone de piqûre et le pourrissement de la pulpe autour du noyau ou des pépins. Les fruits piqués maturent plus rapidement et chutent fréquemment. L’adulte mesure 4 à 5 mm de long. Il est reconnaissable à ses ailes ornées de trois bandes jaune-orange et à son abdomen renflé brun-jaune-gris avec des bandes transversales grises. L’œuf est blanc, fuselé, de 1 mm de long. La larve est blanc-jaunâtre. L’hibernation a lieu dans le sol sous forme de pupe qui ne supporte pas les températures inférieures à 2°C plus de 8 jours et les fortes humidités. L’optimum de température de la cératite est de 32°C ; à cette température le cycle complet s’effectue en 15 jours. On peut capturer les premiers adultes fin mai et les risques d’attaques se prolongent jusqu’à fin octobre. Selon les conditions climatiques, jusqu’à cinq générations peuvent se succéder.

 

A lire aussi : Aubergine et poivron : des nouveaux ravageurs émergent

 

Moyens de protection

Mesures prophylactiques

Les fruits attaqués doivent être tombés au sol, andainés et broyés afin de réduire l’inoculum.

Biocontrôle

Le piégeage massif à l’aide de pièges bol ou des plaques contenant des attractifs spécifiques ou alimentaires et un insecticide est le moyen le plus efficace de prévenir les attaques de Ceratis. Les pièges sont à installer 30 à 40 jours avant la récolte. Les pièges bol peuvent aussi servir à contrôler le début des vols. Les pièges peuvent être positionnés autour de la parcelle en renforçant les zones d’entrées. Dans ce cas 20 à 30 pièges par hectare sont nécessaires. Ils doivent être positionnés aux branches des arbres entre 1,4 et 1,8 m. En situation de forte pression (plus de 8 captures par jour et par hectare), une répartition homogène sur toute la parcelle est à favoriser, soit 50 à 60 pièges par hectare et jusqu’à 75 pour le modèle en plaque. Cette méthode est utilisable en agriculture biologique. Une spécialité à base du champignon Beauvaria bassiana a aussi une homologation contre ce ravageur.

Produits phytosanitaires de synthèse

Plusieurs spécialités commerciales sont homologuées contre ce ravageur à base de lambda-cyhalohtrine et de phosmet. Leur efficacité est très limitée en cas de forte pression.

Conservation

Pour l’export, une conservation des pommes au froid à 2,2°C combinée ou non avec de l’atmosphère contrôlée pendant 18 jours permet de garantir 100 % de mortalité chez la mouche méditerranéenne quel que soit son stade. Une technique qui pourrait remplacer les protocoles imposés par les pays importateurs souvent plus onéreux et contraignants.

Plus la variété de pêche ou d’abricot est tardive, plus le risque de dégâts par Ceratitis est élevé.

Pour les pommes, les variétés à face jaune et les tardives sont particulièrement attractives.

Les mâles se rassemblent en groupe sur la face inférieure des feuilles près du sommet des arbres hôtes d’où ils émettent une phéromone sexuelle attirant les femelles.

Plus le verger est multivariétal avec des récoltes près de la maturité physiologique pour une vente locale, plus le risque d’attaque est élevé.

En savoir plus :

Fiche Cératite de Sud Arbo 2017

Fiche parasite émergent DGAL : mouche méditerranéenne des fruits

Infos CTIFL de septembre 2020 : efficacité d’un traitement au froid contre la mouche méditerranéenne

Rédaction Réussir

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