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Prune d’Ente : de nouvelles machines pour la récolte

Pour se démarquer des pruneaux importés, la filière française mise sur la qualité. Et pour l’obtenir, le changement des outils de récolte est un des leviers.

Une récolteuse sur filet

Stefan Auneau (Monteton, Lot-et-Garonne) utilise depuis quatre ans un système que ses frères et lui ont conçu pour récolter ses prunes au sol sur filet. « L’objectif est de ramasser toute la récolte à l’optimum de maturité », précise-t-il. Sa récolteuse (cf. RFL n°345) est une automotrice qui propulse les prunes tombées sur des filets vers un tapis grâce à un flux d’air. Le tapis aboutit à une benne de stockage. Ce prototype récolte les prunes à 3,5 km/h et peut stocker jusqu’à 1 t de prunes dans sa benne. Les filets sont installés à demeure au verger et sont dépliés avant la récolte pour recueillir tous les fruits. Ils sont repliés contre les troncs pendant le reste de la saison. « Afin d’éviter une surmaturation des fruits sur l’arbre, nous faisons deux passages de secoueurs pour finir de faire tomber les fruits », continue le pruniculteur. Le secoueur est constitué d’un train de roue vibrant, déporté à plus de deux mètres pour surplomber les filets, qui vient rouler contre les troncs. Mais la vibration est plus légère que les récolteuses en continu afin de ne faire tomber que les prunes mûres. Il avance à la vitesse de 5 km/h.

Crédit photo : JC Auneau

Une enjambeuse vibrante

Patrice Palard (Pellegrue, Lot-et-Garonne) s’est inspiré de ses machines à vendanger pour concevoir cet enjambeur à prunier, construit par l’entreprise Somaref. Sa machine enjambe les rangs de prunier et fait tomber les fruits grâce à des arcs de cercle vibrant en continu. Les prunes tombent dans des bacs dont le fond est un tapis. « Les vibrations sont plus légères qu’un vibreur à pince ou à tampon pour ne récolter que les prunes à pleine maturité », précise le producteur. En bout de rang, les bacs sont vidés dans une remorque de transport. La vitesse d’avancement est de 4 km/h mais chaque parcelle est récoltée en moyenne dix fois. « Nous arrivons à faire le tour de nos 65 ha de vergers tous les deux jours avec quatre enjambeurs », estime-t-il. L’utilisation de cette machine nécessite de calibrer les arbres en hauteur et largeur avec un lamier. Le producteur a conçu cette machine après avoir renouvelé son verger avec des pruniers en axes plantés à 5 m par 2 m, soit 1 000 arbres par hectare afin d’augmenter le potentiel de production pour son passage en bio.

Crédit photo : Somaref

Eclairvale ramasse les prunes

Oscar Coupey (La Romieu, Gers) possède la version d’Eclairvale, produite par l’entreprise La Cannevale, pour la récolte de prunes. Eclairvale est un rouleau vertical constitué d’un axe libre sur lequel sont implantées de multiples baguettes. En avançant, le tracteur fait tourner cette énorme brosse juste par la résistance des branches contre les baguettes. Ce frottement des baguettes dans l’arbre décroche les prunes mûres. « Les fruits récoltés le sont à pleine maturité, et ni leur épiderme, ni leur chair ne sont abîmés », précise Maud Delavaud, du Bureau interprofessionel du pruneau (Bip). Cette machine permet de récolter 6 à 7 ha/jour. Mais pour l’utiliser, il est nécessaire d’avoir des pruniers en haie d’environ 1,5 m, ce qui correspond à la longueur des baguettes. « Si la couronne de l’arbre est trop large, la machine fait tomber des branches qui ne sont pas écartées par le dispositif à la réception », commente l’ingénieure du Bip. « Un autre avantage est que les arbres ne sont plus secoués et donc pas meurtris, analyse le producteur. J’espère ainsi allonger la durée de vie de mon verger. »

Crédit photo : La Canne Vale

Une ventilation pour faire tomber les prunes

Chez Charles Laboulbène (Madaillan, Lot-et-Garonne), deux machines à ventilation conçues par la société AMG récoltent depuis six ans les prunes de ses vergers en axe plantés à 5 m par 2 m. « Depuis que nous utilisons cette machine, le taux de maturité de nos prunes est meilleur et leur conservation en palox plus longue », témoigne le producteur. Autre avantage, les arbres ne sont pas meurtris par les pinces ou les tampons. Ces souffleries sont composées de turbines qui projettent de l’air à travers deux bouches situées à deux hauteurs différentes afin de couvrir toute la hauteur de l’arbre. Des clapets positionnés sur ces bouches pivotent rapidement, créant ainsi un tourbillon qui reproduit le vent. « La vitesse de l’air est de 20 à 22 m/s », précise le constructeur. Moins vite, les prunes ne se décrochent pas, plus vite les arbres commencent à s’effeuiller. Les souffleries fonctionnent sur le cardan du tracteur. Des tracteurs de 80 à 90 CV sont donc nécessaires. Les machines sont hautes de 4,10 m et font en moyenne 6 m de long mais elles sont dimensionnées sur demande. « Comme nous ne récoltons que les prunes mûres, nous devons faire plus de passages par parcelle, analyse le producteur. Nous passons en moyenne 12 fois par verger mais à une vitesse de 6 km/h. »

Crédit photo : M. Le Corre

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