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Des acariens et des mini-guêpes pour parasiter les mouches

Dans les élevages laitiers, la présence des insectes auxiliaires est essentielle pour réguler les populations de mouches envahissantes. Pour que l’équilibre se crée, le lâcher de prédateurs dans des endroits stratégiques constitue une véritable lutte biologique.

Les mouches, qu’elles soient piqueuses ou lécheuses, occasionnent des stress à l’animal et sont vectrices de pathogènes. Pour y faire face, il existe des solutions de biocontrôle qui visent à utiliser des prédateurs pour chaque stade de développement de la mouche.

Des acariens consommateurs d’œufs de mouches et de moucherons peuvent être apportés dans le bâtiment. Des mini-guêpes parasitoïdes, sous forme de pupe, peuvent également être déposées en bordure des bâtiments, près des mangeoires ou des barrières, ainsi que dans les zones humides et peu piétinées. Après éclosion, ces mini-guêpes pondent dans la pupe de la mouche, régulant ainsi les populations de ces insectes envahissants.

Des solutions naturelles et ciblées

« Ces solutions ne sont pas des produits biocides, explique Damien Morel, directeur de la société Appi qui commercialise les solutions Terrappi (acariens) et Appiwasp (mini-guêpe). Elles présentent la particularité de n’agir que sur les insectes cibles tout en respectant la santé de l’éleveur. » De plus, elles répondent aux problématiques des élevages bio.

Pour que cette lutte biologique soit efficace, il convient de respecter correctement le protocole, comme l’explique Michel Piron, chef marché agricole chez Agrial. « Avec l’éleveur, nous établissons un plan d’action avec un nombre de diffusions d’insectes auxiliaires à apporter selon un calendrier rigoureusement établi. La prescription doit être suffisamment précoce pour intervenir avant les premiers cycles de multiplication de la mouche envahissante. » « Ce sont des organismes vivants, il convient donc de les lâcher rapidement après la réception », prévient-il.

La société Appi préconise cinq à huit lâchers d’auxiliaires par an, selon la température et la pression historique au sein du bâtiment. « Ces solutions coûtent entre 7 et 9 euros par vache et par an, précise Damien Morel. Le dosage préconisé est fonction du nombre d’animaux. La mise en place est rapide et ne nécessite aucun matériel particulier. »

Avis d'éleveur : Jean-Marc Morel, 150 vaches laitières à Bosc-Roger sur Buchy en Seine-Maritime

Simple, rapide et efficace

 

 
Jean-Marc Morel, 150 vaches laitières à Bosc-Roger sur Buchy en Seine-Maritime.
Jean-Marc Morel, 150 vaches laitières à Bosc-Roger sur Buchy en Seine-Maritime. © J.-M Morel
« Depuis cinq ans que j’utilise des mini-guêpes, je n’ai pratiquement plus de problèmes de moucherons dans les bâtiments où j’élève les veaux. Le jour de livraison, je saupoudre les pupes le long des murs dès la fin mars, pour que la lutte biologique se mette rapidement en place, jusqu’à la fin septembre. Parallèlement, j’applique une solution à base de mouches prédatrices aux abords de la fosse à lisier. Pour chacune des solutions utilisées (Appiwasp et Appifly), j’effectue sept lâchers par an ce qui représente un coût global d’environ 350 euros. Les résultats sont probants. J’ai aussi conscience que ce moyen de lutte est plus respectueux de l’environnement, des animaux et de moi-même. »

 

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