Aller au contenu principal

Le nouveau dispositif antirisques climatiques s’appliquera en 2023

Pour les prairies, le dispositif pourrait permettre une prise en charge des pertes de rendement entre 20 et 30 % par une assurance, dont le coût serait fortement pris en charge par l’État. Les pertes au-delà de 30 % seraient couvertes par le dispositif de solidarité nationale.

Le nouveau dispositif antirisques climatiques s’appliquera dès 2023
© V. Bargain

La réforme du dispositif antirisques climatiques est sur les rails pour une entrée en application dès 2023. Le projet de loi a été définitivement adopté par le Parlement le 24 février 2022. « Les grandes lignes sont connues, mais il reste de nombreux décrets et ordonnances à paraître dont les détails auront leur importance », explique Rémi Dubourg, agroéconomiste à l’APCA. Il va donc falloir patienter a priori jusqu’à fin août pour avoir des certitudes.

En ce qui concerne les prairies, un travail de concertation est en cours pour définir quel indicateur sera utilisé pour estimer les pertes dans le cadre du fonds de solidarité nationale - la nouvelle mouture du fonds des calamités agricoles. « Sous réserve de validation, c’est un système indiciel issu de données satellitaires, proche de ceux utilisés actuellement par les assureurs, qui pourrait être retenu, informe Rémi Dubourg. Le texte de loi prévoit que s’il y a plusieurs indicateurs, ils doivent être harmonisés pour se baser sur des méthodes similaires. »

Un seuil de déclenchement du dispositif de solidarité nationale à partir de 30 % de pertes figure à titre indicatif dans le texte de loi pour les prairies, en complément d’une éventuelle assurance. Ces seuils ainsi que le taux d’indemnisation de la solidarité nationale ne seront validés qu’à la parution d’un décret.

Une moyenne olympique des cinq dernières années

Ce qui est certain, c’est que le processus de déclenchement va changer. Ceci est imposé par l’accord sur l’agriculture de l’OMC pour que les subventions sur les primes d’assurance climatique entrent dans la boîte verte. Alors que le fonds de calamités agricoles s’appuyait sur la comparaison des rendements de l’année avec ceux de périodes très longues, ce sera désormais la comparaison avec une moyenne olympique sur les cinq dernières années qui donnera le verdict (moyenne calculée en retirant la plus forte et la plus faible des cinq valeurs) ou une moyenne triennale. Avec le rapprochement dans le temps des accidents climatiques, ce changement de référentiel rend mathématiquement moins fréquentes les situations de déclenchement du dispositif.

Cette réforme incite très fortement les agriculteurs à souscrire une assurance récolte. En effet, dès 2023, le règlement européen impose que le taux d’indemnisation par la solidarité nationale de ceux qui ne sont pas assurés soit divisé par deux par rapport à celui de ceux qui ont signé un contrat. Et cela pourrait être encore accentué à l’horizon 2030.

L’objectif de la réforme est en parallèle de rendre plus accessible l’assurance privée, avec une prise en charge importante de la prime par l’État via une subvention. Le texte de loi donne à ce sujet aussi seulement des indications. Les primes d’assurance pourraient faire l’objet d’une subvention dès le niveau de franchise de 20 % - au lieu de 30 % jusqu’à présent, à hauteur de jusqu’à 70 % du coût de l’assurance – alors que c’est jusqu’à 65 % actuellement. Cela correspond à l’activation pleine du règlement européen dit Omnibus.

Une visibilité sur trois ans

Ainsi, pour les prairies, le montage du dispositif pourrait permettre que les pertes de rendement comprises entre 20 et 30 % par rapport à la moyenne olympique soient prises en charge par une assurance, et les pertes au-delà de 30 % couvertes par le dispositif de solidarité nationale en complément de l’assurance éventuelle. « Ces seuils seront fixés pour une durée de trois ans, et peuvent être amenés à évoluer ensuite par décret », précise Rémi Dubourg.

Le budget alloué au dispositif sera défini annuellement dans le cadre de la Loi de finances. Il doit tendre vers 600 millions d’euros (ME) d’après les annonces du gouvernement. L’État doublera sa participation et apportera 300 ME, la PAC 184,5 ME, et la taxe payée par les agriculteurs au titre du FNGRA qui pourrait augmenter au passage complète l’enveloppe. Il est bien difficile de savoir si ce budget sera adapté aux besoins causés par les évènements climatiques à venir.

Un système à trois étages

Le nouveau dispositif institue une couverture des risques climatiques à trois étages : les risques de faible intensité sont à absorber à l’échelle individuelle de l’exploitation agricole, les risques d’intensité moyenne sont couverts par le biais de l’assurance multirisque climatique dont les primes font l’objet d’une subvention publique, et les risques dits catastrophiques font l’objet d’une garantie directe de l’État appelée solidarité nationale.

La gestion des recours sera précisée par décret

Un article de la loi fait référence à la gestion des recours. Il prévoit des « contrôles adaptés » a posteriori pour vérifier que le dispositif remplisse son objectif. La Fédération nationale bovine, estimant que « les récoltes sont difficiles à quantifier pour les prairies », avait appelé de ses vœux que « la loi réintègre la possibilité pour un éleveur de contester l’évaluation basée sur les indices nationaux et exiger le recours à une enquête de terrain ». Les modalités de recours éventuels seront précisées elles aussi par décret.

Les plus lus

<em class="placeholder">bâtiment limousines contention</em>
Astuce d’éleveur : « J’ai aménagé un box d’isolement entre deux barrières »
Stéphane Jacobi, éleveur de limousines en Moselle, a créé un box d’isolement entre deux barrières qui étaient là à l’origine pour…
<em class="placeholder">Taureau parmi les vaches pleines et suitées au Gaec de la Blonde, où la reproduction est conduite en monte naturelle.</em>
Elevage bovin : Bien comprendre la consanguinité
Présente dans tous les élevages, la consanguinité est un phénomène inévitable. Longtemps utilisée pour homogénéiser les animaux,…
agrivoltaïsme éleveur prairie
Agrivoltaïsme : Déjà un an de recul avec des limousines sous les panneaux dans la Vienne

Avec son démonstrateur agrivoltaïque de près de 5 000 m² dans la Vienne, la société Valeco veut prouver qu’il est…

<em class="placeholder">éleveur dans sa parcelle de switchgrass en deuxième année, Lot</em>
Élevage bovins viande : « Je cultive 1,8 ha de switchgrass pour compléter ma paille de céréales pour la litière »

Éleveur de limousines dans le Lot, Rémy Vermande récolte cet hiver pour la première fois son switchgrass (panic érigé) semé en…

race bovine Créole infographie
Élevage bovin dans les départements d’outre-mer : Des races taillées pour les tropiques

Dans les départements d’outre-mer, les choix génétiques des éleveurs pour la Brahman, les races créoles, les zébus et les…

Susana Ciscares, à la tête d'un troupeau de 70 vaches limousines. « Je ne suis pas 'écolo' mais j’aime travailler en harmonie avec la nature et j’estime aujourd’hui ...
Élevage bovins viande : « Je bénéficie de paiements pour services environnementaux »

Depuis 2018, les paiements pour services environnementaux (PSE) rémunèrent les modèles agricoles vertueux. L’Agence de l’eau…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site bovins viande
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière bovins viande
Consultez les revues bovins viande au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière bovins viande