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Betterave rouge : la présence de rhizomanie et la nature des débouchés orientent le choix variétal

La présence ou non de rhizomanie dans la parcelle, puis la nature des débouchés, transformation ou marché de frais, permettent d’orienter le choix variétal dans une vingtaine de variétés disponibles et observées.

Le choix de variétés de betterave rouge peut prendre en compte différents critères, mais la présence ou non de la rhizomanie due à un virus transmis et véhiculé par un champignon du sol, Polymyxa betae, conditionne l’éventail des variétés potentiellement utilisables. « Cette maladie est plus ou moins présente selon les bassins de production et l’intensité de la rotation pratiquée sur la parcelle », mentionne Sandrine Mouton, spécialiste de cette culture à la Chambre d’agriculture du Loiret.

Des aptitudes de stockage sur plusieurs mois

Dans ce département, première zone de production, la plupart des variétés semées présentent le caractère de tolérance à la maladie. « Deux variétés, Red Val et Palau, sont actuellement disponibles pour les cultures de conservation. Mais la gamme devrait s’étoffer dans les années à venir grâce aux travaux de sélection, qui progressent plus lentement que pour d’autres espèces légumières puisque la betterave est une bisannuelle. On dispose de Krestel et Rhonda pour les parcelles sans rhizomanie », explique Sandrine Mouton. En 2021, la variété Bazzu, ciblée pour l’instant sur le créneau précoce, a été observée sur les premières grandes parcelles avec une qualité satisfaisante, meilleure que Manzu également destinée à ce créneau.

Sans cette contrainte, la gamme variétale de betterave potagère se compose d’une vingtaine de variétés en intégrant les variétés rouges et autres couleurs. Le créneau de production devient alors un nouveau critère de choix, avec des variétés de créneau primeur à cycle court (semis en février-mars) qui poussent rapidement et récoltables dès la mi-juin jusqu’à août. Nobol, Alvro mono, Monogram et Action couvrent cette période. Polyvalente, Action est utilisable en primeur et en conservation jusqu’en février.

Viennent ensuite des variétés dites d’été (semis en avril, récolte à partir d’août avec possibilité de conservation). Pablo et Boro sont des variétés proches. Cardéal est mentionnée pour sa polyvalence, une bonne conservation, un taux de sucre élevé et sa forte coloration. Puis, des variétés de conservation (semis de mai à juillet) ont un cycle plus long avec une récolte à partir d’octobre et présentent des aptitudes de stockage sur plusieurs mois. Dans ce créneau plus largement pourvu, on peut notamment, mentionner Bohan (rendement et taux de sucre élevé), Kestrel (vigoureuse à la levée) et Rhonda (coloration interne soutenue).

Les précoces sont moins sucrées

D’autres critères de choix diffèrent également selon les débouchés visés, « transformation » avec une betterave destinée aux industriels ou marché de frais pour les maraîchers. La gamme variétale se compose essentiellement de variétés rondes à chair plus ou moins rouge intense, mais peut aussi se décliner vers une betterave allongée destinée à être transformée en rondelle comme Forono ou le type allongé Crapaudine pour le marché du frais essentiellement.

Avec sa racine longue, conique, à la chair rouge foncé, à la peau rugueuse et fripée, la Crapaudine est un produit très facilement identifiable et apprécié pour ses très bonnes qualités gustatives. Une diversité existe également pour les maraîchers avec des betteraves rondes jaunes comme Boldor, orangés comme Burpees et Golden, blanches telles qu’Albina Vereduna, Avalanche et bicolores blanc cerclé de rouge avec Chioggia. Le taux de sucre est un critère qualitatif qui dépend partiellement de la variété mais aussi du créneau de récolte (les précoces sont en général moins sucrées), du climat, de l’ensoleillement, des précipitations et/ou de l’irrigation.

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