Retour à la terre au féminin
La passion des animaux, l´envie de vivre dans le Cantal, et une part de hasard, ou de chance, ont conduit Virginie Barthomeuf-Chalvet à s´installer agricultrice en janvier dernier. Pour elle, "c´est un retour à l´essentiel".
Regard d´agricultrice
Dans le partage des tâches, si toutes les deux concèdent avoir moins de force physique, elles soulignent pourtant qu´elles font preuve de plus "de sensibilité, de rigueur et d´ouverture vers l´extérieur". "La mécanisation aide bien, sourit Virginie. Nous allons adapter les bâtiments afin de manoeuvrer avec le matériel. Pour une femme, il faut savoir aménager l´environnement au physique". A 27 ans, Virginie Barthomeuf-Chalvet laisse parler son coeur pour évoquer son métier et avoue avoir laissé parfois le hasard faire les choses. Comme Vivien, elle n´est pas enfant d´agriculteurs. Originaire de Vic-sur-Cère, elle passe son Bac et réussit le concours d´infirmière, une voie dans laquelle elle ne poursuivra pas. Elle obtient en revanche son Diplôme universitaire technologique d´agronomie qu´elle complète par une "prépa" post DUT où elle rencontre Vivien. "Au cours des stages, notamment en Irlande en production laitière, je me suis de plus en plus rapprochée de l´agriculture", précise-t-elle. Ingénieur en travaux agricoles, elle gagne les Alpes pour le service "recherche et développement" d´une chambre d´agriculture avec en charge le dossier de la production lait en AOC. Durant quelques mois, elle découvre le plaisir de l´écriture comme journaliste agricole dans le Puy-de-Dôme. C´était juste avant son arrivée à Lespinasse.
Une transmission de confiance
Après le décès et le départ de ses oncles, la retraite proche pour son père, Jean-Jacques Sarraille a proposé à Vivien et Virginie Barthomeuf, des amis, de s´associer en Gaec avec sa mère avant que lui-même puisse rejoindre à l´avenir l´exploitation. "Ce que la famille Sarraille a fait pour nous est très courageux et nous ne les remercierons jamais assez de nous avoir accordé leur confiance", tient à exprimer Virginie. "C´est difficile d´arrêter ce qui a fait toute votre vie, confie Laurette Sarraille. Nous voulions vraiment donner une chance à des jeunes pour reprendre le flambeau, en les accompagnant encore quelque temps". Dans le Gaec, chacun possède un tiers des parts. "C´était la seule façon de nous installer dans de bonnes conditions en limitant l´investissement, ce qui va nous permettre de moderniser la structure? poursuit Virginie. Le plus difficile a été de se loger". Le Gaec du Puy de Coujoule compte 60 montbéliardes pour 350 000 litres de références et 350 brebis BMC.