Aller au contenu principal

Prairies temporaires et prairies permanentes

Avec le verdissement, entre en vigueur un reclassement des prairies temporaires déclarées comme telles depuis plus de 5 ans en prairies permanentes, qu’en est-il ?

© UE

Dans le cadre de la PAC, toute surface de production d’herbe ou autres plantes fourragères, qui n’a pas été retournée (c’est-à-dire convertie en terre arable ou culture permanente) depuis 5 ans au moins est une prairie permanente.

Cette définition s’applique déjà depuis de nombreuses années, la seule modification introduite par la réforme étant la reconnaissance des surfaces adaptées au pâturage et relevant des pratiques locales établies dans lesquelles l’herbe et les autres plantes fourragères herbacées ne prédominent pas traditionnellement.
Ainsi, en 2015, une surface déclarée en prairie temporaire ou gel depuis 2010 inclus devra être déclarée en prairie permanente.
C’est la notion de couvert qui est déterminante : le fait que la parcelle ait pu être labourée et resemée en herbe la même année n’entre ainsi pas en ligne de compte.
Aucune dérogation à cette règle n’est prévue par la réglementation européenne : le fait, par exemple, que la surface ait fait l’objet de contractualisation en MAE ne permet pas de déroger à cette règle.
En 2014, les prairies naturelles, prairies temporaires de plus de cinq ans, landes, parcours et estives étaient comptabilisées en tant que prairie permanente.
À l’inverse, les surfaces de production d’herbe ou autres plantes fourragères, qui sont présentes depuis moins de 5 ans, soit les prairies temporaires, font partie des terres arables de l’exploitation.

Prairie permanente : les exigences du verdissement
Pour un agriculteur devant respecter les critères du verdissement, les exigences pour les prairies permanentes sont :
- de contribuer à maintenir le ratio régional de surface en prairie permanente dans la surface agricole utile. L’exploitant doit dans ce cadre :
- lorsqu’un dispositif d’autorisation est mis en place dans la région où il se trouve (en cas de dégradation du ratio régional de 2,5 % ou plus par rapport à la référence), obtenir une autorisation avant de convertir une surface en prairie permanente en terre arable ou en culture permanente.
Dans ce cadre, un agriculteur qui s’engage à établir une surface en prairie équivalente à la surface convertie bénéficiera d’une autorisation de conversion :
- la surface implantée en prairie devra demeurer au moins cinq ans, et sera déclarée dès la première année en tant que prairie permanente par dérogation aux règles horizontales ;
- lorsqu’une injonction de réimplantation de surface en prairie permanente lui est signifiée (en cas de dégradation du ratio régional de 5 % ou plus par rapport à la référence dans la région où il se trouve), réimplanter une surface en prairie (ou désigner une surface en prairie temporaire déjà présente). Celle-ci devra être déclarée dès la première année en tant que prairie permanente par dérogation aux règles horizontales et demeurera cinq années consécutives à partir de la date de sa conversion ;
- de ne pas labourer pour convertir en terre arable ou culture permanente ses surfaces de prairie permanente qui sont désignées prairies permanentes sensibles.

Le cas des prairies à rotation longue
Certains systèmes de production agricoles comportent des rotations longues de culture, de 7 voire 8 ans.
En vertu des règles, les surfaces implantées en herbe deviennent prairies permanentes si elles ont au moins cinq ans.
Les conséquences en sont les suivantes :
- si la surface était prairie permanente en 2014 et qu’elle est classée comme prairie permanente sensible, il n’est pas possible de la labourer, ni de la convertir en terre arable ou culture permanente ;
- dans tous les autres cas, l’exploitant pourra toujours choisir de convertir sa prairie en terre arable ou culture permanente. S’il se trouve dans une région soumise à régime d’autorisation, il pourra toujours convertir sa prairie s’il implante une surface équivalente en prairie ou désigne une surface en prairie temporaire de surface équivalente, (déclarée « prairie permanente »), ce qui sera généralement le cas vu le système de rotation qu’il applique (c’est un cas d’autorisation de conversion « automatique »). Pour mémoire, d’autres critères permettront de solliciter et d’obtenir une autorisation de conversion, notamment pour les jeunes agriculteurs et les nouveaux installés.

Les plus lus

Antoine, Éric et Yoann Foncelle, de l'EARL des Diagots
Transmission : « Reprendre la ferme familiale, une évidence »

À 23 ans, Antoine Foncelle est en plein dans l’aventure de l’installation. Son projet est de reprendre la ferme de son père.…

Conditions d'attribution, calcul des ressources, recours sur succession : la MSA Auvergne fait le point sur un dispositif qui préserve spécifiquement l'outil de travail des agriculteurs.
L’ASPA, un coup de pouce méconnu pour les retraites agricoles modestes

Complément de revenu destiné aux retraités les plus modestes, l’ASPA reste largement sous-utilisée par les exploitants…

une femme et un homme assis sur un mur
Gîtes et chambres d’hôte : Valoriser sa ferme et créer du lien

Dans le cadre de son installation, Floriane Varenne se lance dans l’accueil touristique avec son mari Jonas, tous les deux…

Nathalie Mallot, directrice de la FNSEA 03, et Laurent Thivat, vice-président de la FNSEA 03.
Tour de France : les agriculteurs de l’Allier mettent l’agriculture à l’honneur à Saulcet

À l’occasion du passage du Tour de France 2026 dans l’Allier, les agriculteurs et les viticulteurs réaliseront une fresque…

Les cultures dérobées, une piste à explorer pour sécuriser les stocks fourragers

Les cultures dérobées fourragères peuvent permettre de reconstituer une partie des stocks sans pour autant s’avérer une…

La Dotation Jeune Agriculteur - DJA : un soutien indispensable pour préparer l'agriculture de demain

Après plus de 50 ans d'existence, la DJA continue d'être un soutien indispensable pour les jeunes qui s'installent. 

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière