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« La filière porcine allemande compétitive »

Jüergen Ohlhoff est premier conseiller en agriculture et alimentation de l’ambassade de la République fédérale d’Allemagne à Paris. Au moment du conseil agricole européen du 7 septembre, il revient sur l’état de la filière porcine allemande.

© Agrapresse

Comment le prix du porc est-il calculé en Allemagne ? Existe-t-il différents marchés pour vendre les porcs ?
En Allemagne, les porcs sont vendus principalement à des négociants ou aux abattoirs. Il n’existe pas de marchés fixes institutionnalisés. Pour s’orienter, tous les acteurs du marché ont à leur disposition un prix indicatif des organisations de producteurs. Celui-ci est déterminé une fois par semaine par un groupe d’experts indépendants et vaut recommandation pour les sept jours suivants. Le prix de vente effectif peut varier par rapport à ce prix d’orientation. Les grands abattoirs ont une influence considérable lors de la négociation du prix effectif. Les trois plus grandes entreprises (ndlr : Tönnies, Vion et Westfleisch) abattent 55 % des porcs. Dans une moindre mesure, les ventes s’effectuent aussi par le biais de bourses. La fédération des éleveurs de porcs allemands (ISN), par l’intermédiaire de sa filiale, gère une bourse en ligne de la viande porcine. Les porcs peuvent y être vendus aux enchères deux fois par semaine. Le marché de l’ISN permet de vendre et d’acheter des porcs 24 h sur 24 h.
Comment se porte l’industrie de l’abattage et de la transformation en Allemagne ? Y-a-t-il de la concurrence avec des approvisionnements en porcs depuis d’autres pays ?
Les entreprises d’abattage et de transformation fonctionnent selon la loi de l’offre et de la demande. Le marché n’est pas régulé. En 2013, les importations, majoritairement en provenance d’autres pays de l’UE, se sont chiffrées à 970 000 tonnes et les exportations, à 1,7 million de tonnes. Quatre-vingts pourcents des exportations allemandes de viande porcine sont destinés à d’autres pays européens. Au cours des vingt dernières années, l’industrie de l’abattage et de la transformation a fait l’objet d’importantes transformations structurelles qui ont mené à l’apparition d’entreprises de grande taille, dotées d’installations modernes, avec un haut degré d’automatisation et tournées vers l’international. D’importants investissements dans des bâtiments modernes d’élevage et de grande capacité ont été réalisés. La filière porcine est restée très compétitive même après l’introduction du salaire minimum s’élevant à 8,60 euros. Tous les travailleurs y sont soumis y compris les éleveurs étrangers.

La suite dans le Réveil Lozère, page 9, édition du 24 septembre 2015.

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