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Des graines de prairies locales semées sur les bords de routes

Le 14 novembre, notre département a reçu le prix de l'innovation de Départements de France pour son projet unique en France "Graine d’innovation pour un avenir durable". Découvrons-le.

Représentants du Département et partenaires du projet ont célébré l'obtention de ce prix le 25 novembre dernier.
Représentants du Département et partenaires du projet ont célébré l'obtention de ce prix le 25 novembre dernier.
© HLP

Le Département de la Haute-Loire n'est pas revenu les mains vides des Assises des départements de France, qui se déroulaient à Angers le 14 novembre ; il s'est vu décerner le prix de l'innovation. Et c'est avec une grande fierté que la présidente Marie-Agnès Petit et ses deux vice-présidents, Michel Brun et Annie Ricoux, ont annoncé la nouvelle lundi 25 novembre, à la presse locale, en présence des partenaires du projet qui fait déjà des envieux en France...

Produire, récolter et semer localement

Cette initiative "Graine d’innovation pour un avenir durable" consiste pour le Département à produire ses propres graines de prairies pour l'ensemencement de chantiers routiers et de dépendances bâties. "Jusqu'à présent nous achetions des graines à l'étranger (80% venaient de Nouvelle Zélande), c'était une aberration" indique Michel Brun ; d'autant qu'avec "ces graines commerciales, les résultats n'étaient pas bons" ajoute Thomas Oriol, chef de service prospectives et modernisation des routes. Le motif économique a également compté dans ce projet puisque produire, récolter et semer des graines locales s'avère aussi moins coûteux (soit 0,60 cts€/m2, la graine ensemencée). C'est fort de ce constat, qu'est née l'idée de produire localement, de manière à pouvoir bénéficier de graines endémiques qui valorisent notre patrimoine et qui soient complètement adaptées à leur environnement. Ce projet est le fruit d'un travail collaboratif et partenarial avec le Conservatoire botanique national Massif Central, l'Office Français de la biodiversité et de sa marque "Végétal local" et d'entreprises locales, à l'image des Semences du Puy.

Des graines endémiques et tracées

3 sites ont été choisis pour cette production de graines : l'aérodrome de Loudes (qui accueille la collecte des graines), le domaine du Sauvage et la Pinatelle du Zouave. Pour cette première récolte, seuls les deux premiers sites ont été récoltés donnant une moisson de 800 kg de graines sur une surface de 4 ha. Une grosse récolte en cette année compliquée question météo, se félicitent les représentants du Département. L'entreprise Semences du Puy en charge de la récolte sur le site de l'aérodrome a utilisé une brosseuse et a fait appel à la société Monplot pour l'emploi d'une moissonneuse-batteuse.

Végétal local

Labellisées "Végétal local", ces graines bénéficient d'une traçabilité permettant de répondre à une demande d'acteurs souhaitant semer et planter des végétaux sauvages, locaux et bien adaptés à leur terroir et plus résistants (aux attaques et aux aléas climatiques). Marie-Agnès Petit y voit aussi un intérêt pour les agriculteurs qui pourraient être fournisseurs de graines et pourraient faire appel à cette nouvelle filière pour réensemencer leurs propres prairies.

Les premiers ensemencements ont été effectués cet automne. Au printemps, nous obtiendrons des plantes pionnières (trèfle, coquelicot, vipérine) qui vont venir protéger les graines. Les résultats définitifs seront obtenus seulement dans 2 ou 3 ans" explique Thomas Oriol. 
 

Le Département projette de semer des graines locales sur une surface de 7 ha en 2026.

Dynamique de développement économique local

"Ce projet s'inscrit également dans une dynamique de développement économique local, en structurant une filière autour de la production de graines certifiées. Il s'insère dans une tendance plus large, portée aussi par d'autres collectivités comme Saint-Georges d'Aurac, qui privilégient le végétal local pour leurs espaces verts" signale Annie Ricoux.

Avec cette innovation, "on coche toutes les cases : celles de la biodiversité, de l'adaptation au changement climatique, de la protection des sols" indique la présidente du Département, sans oublier cette capacité de "faire ensemble" qui lui tient tant à cœur.

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