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Snia : la nutrition animale avance malgré des fabrications en baisse

Avec une baisse de 6,6 % des volumes d'aliments composés produits en 2022, l’industrie française de la nutrition animale accuse l’impact de l’influenza aviaire et de la décapitalisation du cheptel. Cependant, la profession avance sur les sujets environnementaux. C'est ce qui est ressorti de l'assemblée générale du Syndicat national de l'industrie de la nutrition animale (Snia) qui s'est déroulée le 25 mai 2023.

François Cholat, président du Snia, a rappelé que les fabricants d’aliments sont bien engagés vers leur objectif de zéro déforestation au 1er janvier 2025.
© Yanne Boloh

L’industrie de la nutrition animale a marqué le coup en 2022 avec le recul de 6,6 % en volume, à 19,2 Mt d'aliments composés fabriquées. Le retrait des tonnages produits en France s’explique principalement par le poids de l’influenza aviaire (-10,3 % en volailles) et la décapitalisation des cheptels (-6,3 % en porcs, -5,2 % en bovins viande).

L’aviculture reste leader avec 7,67 Mt, suivie par les bovins (5,25 Mt) et les porcins (4,54 Mt). Outre l’influenza aviaire qui a particulièrement touché une nouvelle fois les palmipèdes (-28,8 % en palmipèdes gras, -33,4 % pour les palmipèdes à rôtir) - qui pourraient bénéficier d’une vaccination à l’automne - et les poulets (-7,3 % à 3,22 Mt), les importations poursuivent leur croissance, essentiellement pour alimenter la restauration hors domicile et l'industrie des produits transformés. Dans la tendance baissière engagée depuis longtemps, le secteur de la dinde continue à perdre des parts de marché (-17,9 % à 897 000 t). L'activité en pondeuses est également en repli (-3,2 % à 2,67 Mt).

En bovins, les fabrications d'aliments pour vaches laitières restent stables (+0,2 % à 3,48 Mt) quand celles des bovins viandes sont clairement en repli (-5,2 % à 1,77 Mt) sous l’effet de la décapitalisation qui touche également la production porcine. C’est ce que montrent les reculs en aliments pour truies (-6,9 % à 702 000 t) et en aliments pour porcelets (-9,5 %). Plus techniques, ils sont en effet moins souvent fabriqués à la ferme (FAF) et servent davantage d’indicateurs de la tendance en élevage.

Des fabricants d'aliments pour animaux engagés

La nouvelle base de données, lancée l’an dernier par le Céréopa (Centre d’étude et de recherche sur l’économie et l’organisation des productions animales) et baptisée Oriflaam (Observatoire des ressources incorporées dans les flux de l’alimentation animale), indique que la FAF a consommé en 2020-2021 34 % des matières premières concentrées (10,138 Mt) contre 66 % en fabrication industrielle (19,598 Mt).

Le Céréopa alimente également Duralim, la plateforme collaborative française pour l'alimentation durable des animaux d'élevage, et son observatoire du risque de la déforestation importée : 73 % du soja consommé par les six principales filières animales utilisatrices de soja en France sont estimés à faible risque de déforestation ou de conversion d’écosystème. Le président du Snia, François Cholat, a profité de l'assemblée générale du syndicat pour rappeler que les fabricants d’aliments pour animaux sont bien engagés vers leur objectif de zéro déforestation au 1er janvier 2025.

Par ailleurs, 115 des 194 entreprises de la nutrition animale sont déjà engagées dans Valoralim, la filière de collecte et de recyclage des emballages qui ne démarre pourtant que cet été.

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