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Lutter contre l’antibiorésistance sans dégrader la santé et le bien-être animal

Les usages des antibiotiques en élevages ont été réduits avec les plans Ecoantibio. Aller plus loin sans pénaliser la santé et le bien-être animal implique une approche nouvelle et plus précise à l’échelle de la ferme.

L’utilisation des antibiotiques, qu’il s’agisse de soigner des animaux ou les humains, est à l’origine d’une sélection excessive de résistances bactériennes, de leur développement puis de leur persistance dans l’environnement.

Ce phénomène appelé antibiorésistance représente un danger avec le risque d’une perte d’efficacité de ces médicaments et de ne plus pouvoir soigner.

La fin du plan Ecoantibio 2 en 2023 et la perspective d’un troisième plan ont été l’occasion de dresser un bilan et d’identifier les axes de travail majeurs pour les années à venir. Cette réflexion a été conduite par un collectif regroupant les vétérinaires praticiens (1), les interprofessions porcine (Inaporc) et avicole (Anvol), les instituts techniques (Ifip, Itavi), le ministère de l’Agriculture et les chercheurs en santé animale (Inrae, Cirad) (2), réunis dans le projet Roadmap (Rethinking Of Antimicrobial Decision-Systems in the Management of Animal Production) financé par l’Union européenne (programme H2020-Sustainable Food Security).

Vers le « mieux » et pas seulement le « moins »

Depuis 2012, les deux plans Ecoantibio ont permis au secteur de l’élevage de revoir profondément ses pratiques de gestion de la santé animale. La réduction des usages d’antibiotiques en médecine vétérinaire a été très conséquente, puisque les filières avicoles et porcines françaises ont vu leurs usages d’antibiotiques baisser de près de 50 % en douze ans.

Ces fortes réductions questionnent sur les futures marges de progrès. Il est fort probable qu’une réduction quantitative des volumes d’antibiotiques utilisés sera difficile, à moins de compromettre la santé et le bien-être des animaux, ainsi que la viabilité économique des élevages. Des pratiques de prescriptions et d’utilisation axées sur le « mieux » et pas seulement vers le « moindre », sont à encourager.

Besoin d’une approche santé par ferme

Pour aller dans cette direction, il est nécessaire de sortir du seul monitoring des usages d’antibiotiques qui ne sont qu’un indicateur global de soin et pas d’état de santé. Le groupe de travail estime qu’un pilotage de plus en plus précis de l’état de santé des animaux est nécessaire à l’échelle de la ferme. Il s’agit de mettre en relation l’état de santé du cheptel avec son état de bien-être, et de connaître son propre niveau de résistance aux antibiotiques.

Trois enjeux sont ressortis. D’abord, de mieux définir le statut sanitaire de l’élevage, en évaluant les survenues de problèmes sanitaires, l’hirtorique des stratégies de soins, les résistances connues sur l’élevage.

Le second axe est l’approfondissement des relations entre l’état de santé du cheptel et son état de bien-être, de préciser les critères d’alerte sanitaire et les seuils au contexte de l’élevage (comportement, mortalité, état des fientes, boiteries…). Il s’agit aussi de mieux détecter les signaux faibles pour anticiper la gestion des problèmes de santé.

En parallèle, le renforcement de la prophylaxie (vaccination, nutrition, qualité de l’eau…), en particulier sur les jeunes animaux (diminution des portages bactériens, renforcement des défenses immunitaires…) est à poursuivre.

Partager et communiquer

S’ajoute l’étude des impacts de la réduction antibiotique sur la compétitivité des filières, sur la santé publique et sur l’environnement (ex : dissémination de gènes, de bactéries). Se posent aussi les questions du partage des données et de la mise à disposition des outils de progrès.

La communication auprès du grand public et des consommateurs du bon usage des antibiotiques en lien avec la santé et le bien-être des animaux, est également un enjeu du futur. Il est important de faire comprendre l’intérêt des antibiotiques pour soigner les animaux.

(1) Société nationale des groupements techniques vétérinaires, syndicat national des vétérinaires conseils, ordre des vétérinaires.
(2) Cirad : organisme de recherche agronomique et de coopération internationale.

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