Aller au contenu principal

FranceAgriMer : des bilans céréaliers lourds de nature à peser sur les prix

Le Conseil spécialisé Grandes cultures de FranceAgriMer s’est réuni le mercredi 15 avril 2026 pour analyser le marché des céréales. 

Tracteur qui épand des engrais dans un champ de blé.
Certains agriculteurs parlent aujourd’hui de renoncer au troisième apport azoté, avec toutes les conséquences à venir sur la qualité des céréales.
© J.-C. Gutner

Les bilans français, tous grains confondus, restent lourds et pourraient peser sur les prix, dans un contexte mondial et européen de fortes disponibilités. Les opérateurs s'inquiètent des conséquences des prix des engrais élevés tant sur la qualité que sur la quantité des productions à venir.

Une consommation moindre de blé en alimentation animale

Le bilan national de blé tendre a peu évolué ce mois-ci. Le ministère de l’Agriculture a notamment revu en très légère hausse la production (à 33,363 Mt), avec les rendements. La consommation des fabricants d’aliments pour animaux est par ailleurs revue en baisse, sur la base d’incorporations des derniers mois moins fortes que prévu. Elle est maintenant estimée à 4,78 Mt, contre 4,8 Mt en mars.

Recentrage des exportations françaises de blé vers l'Union européenne

Les exportations demeurent dynamique sur l’Union européenne (+25 % au total par rapport à la campagne précédente, à 7,571 Mt), et se recentrent notamment vers l’Allemagne et la péninsule ibérique. Elles sont en revanche en chute de 17 % sur le Maghreb compte tenu de l’absence de l’Algérie. Les exportations vers l’Asie ont baissé de 83 %, la Chine ayant cessé ses achats de blé français depuis deux campagnes. 

Les révisions sur l’offre et la demande se compensant presque entièrement, le stock final de blé sur le marché français se maintient autour des 3,3 Mt.

Lire aussi : Le rapport WASDE de l'USDA amplifie la tendance baissière 

Un bilan très lourd pour l'orge pesant sur les cours et stimulant la demande saoudienne

L’offre française en orge est revue à la hausse par FranceAgriMer par rapport aux estimations de mars, avec une augmentation des rendements. Elle est estimée à 11,142 Mt contre 11,051 Mt le mois précédent. 

Au niveau de la demande, les incorporations en nutrition animale sont revues légèrement à la baisse pour s’établir à 1,09 Mt. Au contraire, la consommation d’orge en malterie est dynamique : elle est revue à la hausse sur la campagne 2025-2026, à 0,32 Mt contre 0,3 Mt en mars. 

 L’orge française propose un prix très compétitif

Sur la scène internationale, l’orge française propose un prix très compétitif désormais. L’Arabie saoudite est redevenue un client majeur, les exportations françaises à destination de ce pays atteignant 0,89 Mt, alors que les exportations vers la Chine s’effondrent à 0,88 Mt (contre une moyenne quinquennale de 1,67 Mt). 

Le stock final prévisionnel en orge est très lourd et affiche une augmentation sur la campagne 2025-2026, à 1,464 Mt contre 1,379 Mt en mars.

Une production française de maïs revue à la hausse gonflant les stocks prévisionnels

La production de maïs française a été revue en hausse par FranceAgriMer, de 1 % (à 12,987 Mt), avec la surface. Les disponibilités sont donc en hausse et affichent 14,247 Mt, contre 14,124 Mt estimés en mars.

L’estimation de la consommation en amidonnerie est revue en baisse, à 1,63 Mt, compte tenu du faible rythme actuel des achats par ce secteur.

Les exportations vers l’Union européenne sont dynamiques, mais centrées désormais uniquement sur le Royaume-Uni et la Belgique. Elles sont désormais estimées à 4,836 Mt, contre 4,662 Mt en mars.

La consommation par les fabricants d’aliments pour animaux est maintenue à son niveau de mars, à savoir 2,78 Mt.

Là encore, le bilan est très lourd avec un stock final estimé à 12,359 Mt contre une estimation de 11,792 Mt en mars. 

Un renchérissement des engrais azotés aux conséquences multiples

Derrière les chiffres se cachent de nombreuses incertitudes liées à la guerre au Moyen-Orient et ses conséquences agro-économiques résultant de la hausse du coût des engrais.

Le prix à l’importation de l’urée en France est de 414 €/t (contre 515 €/t en Europe) mais le prix FOB Moyen-Orient atteint 685 €/t. Ce décalage dans l’évolution des prix français s’explique par les stratégies d’achat des opérateurs français qui s’approvisionnent en avance par rapport à d’autres.

Pour la récolte 2026, de nombreux agriculteurs avaient déjà acheté les engrais à la fin de l’année 2025 mais les retardataires parlent aujourd’hui de renoncer au troisième apport azoté, avec toutes les conséquences à venir sur la qualité des céréales. Des changements d’assolement pourraient également résulter de cette augmentation du coût des engrais. Pour les semis de printemps, il pourrait y avoir au moins 10 % de semis de maïs en moins, à la faveur d'une hausse de la sole de tournesol. Certaines parcelles pourraient même rester en jachère, un phénomène qui s’accentuerait pour les récoltes 2027 dans un contexte d’engrais chers.

Quoi qu’il en soit, les bilans des cultures céréalières sont lourds et vont nécessairement peser sur les cours des céréales à la baisse.

 

 

 

Les plus lus

Tracteur qui épand des engrais dans un champ de blé.
FranceAgriMer : des bilans céréaliers lourds de nature à peser sur les prix

Le Conseil spécialisé Grandes cultures de FranceAgriMer s’est réuni le mercredi 15 avril 2026 pour analyser le marché des…

<em class="placeholder">Champ de soja sur le point d&#039;être récolté, dans la province de Buenos Aires, en Argentine.</em>
Des tourteaux de soja OGM brésiliens et argentins interdits en Europe détectés aux Pays Bas

La Chambre des huiliers argentins a confirmé auprès de La Dépêche-Le Petit Meunier que les douanes hollandaises ont émis une…

Graphique de la production d'aliments pour animaux par segment de marché.
Alimentation animale : baisse de près de 4 % des fabrications d'aliments en janvier

Le tonnage d’aliments pour animaux produit en France s’est replié en janvier 2026 par rapport à décembre 2025 et janvier 2025…

pistolets à carburants
Un surcoût de l’aliment pour animaux de 3 €/t en France conséquence de l’augmentation du prix du gazole

La hausse brutale du prix du gazole est répercutée sur les entreprises de la nutrition animale, dans un cadre légal.

Photo de blé, farine et pain.
Marché bio : activité en céréales atone sur la fin de campagne, complexe oléagineux sous tension

Les prix des céréales semblent amorcer une détente en fin de campagne, en raison de faibles volumes d’affaires. 

Marché des céréales du 1er avril - Les cours du blé et du maïs suivent la baisse de prix du baril de pétrole

L’évolution des prix du blé, de l’orge et du maïs français entre le 31 mars et le 1er avril 2026, expliquée par La…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 958€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site La dépêche – le petit meunier
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez votre revue numérique la dépêche – le petit meunier
Recevez les évolutions des marchés de la journée dans la COTidienne