Les conditions de chaleur et de stress hydrique de l'année ont engendré une contamination de silos de maïs en aflatoxines. Quelques élevages sont aujourd’hui touchés en région Rhône-Alpes.
L’aflatoxine avait déjà fait parler d’elle en élevages laitiers en 2024. Le lait de plusieurs fermes des Deux-Sèvres avait été contaminé par cette mycotoxine toxique et cancérigène. Du tourteau soja importé du Nigeria utilisé dans l’alimentation des vaches était alors en cause.
« En région Rhône-Alpes, cette année, une citerne décelée positive en aflatoxines a dû être détruite, mais l’origine de la contamination est différente, témoigne un conseiller de la zone touchée. La contamination provient de silos de maïs récoltés cette année et que les éleveurs ont récemment ouverts. » Plusieurs élevages sont concernés par cette contamination de leurs ensilages par des aflatoxines, qui se développent en cas de stress hydrique et de fortes chaleurs subis par la plante au champ.
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« Le réchauffement climatique apporte des conditions plus favorables au développement des espèces d’Aspergillus, dépeint Béatrice Orlando d’Arvalis. Les Aspergillus de la section flavi produisant l’aflatoxine sont des champignons thermophiles dont la croissance et la germination des spores sont optimales à 33 °C, avec un développement possible au champ comme au stockage », précise l'experte.
Les élevages de la tournée concernée ont dû réaliser des analyses de leurs ensilages de maïs plante entière, du maïs grain, du maïs épi et du tourteau de soja pour détecter la présence éventuelle d’aflatoxines. « Sur la quinzaine d’analyses opérées, certaines se révèlent négatives, d'autres positives. C'est le cas de certains échantillons de maïs, indique le conseiller en précisant que « la réglementation stipule que si la teneur excède 20 microgrammes par kilogramme de matière sèche à 12% d’humidité, l’aliment doit être proscrit du régime de l’animal. »
En parallèle, les éleveurs doivent recourir à un capteur de mycotoxines dans la ration. Si un silo se trouve bel et bien contaminé, il est recommandé aussi de diluer le risque en réduisant la part du fourrage contaminé dans la ration des laitières.
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D’habitude, en France, la présence d’aflatoxines sur maïs reste rare. D’ailleurs, elle ne fait pas partie des mycotoxines recherchée systématiquement en routine au sein de l’Observatoire des mycotoxines. « Cette année, sur 15 analyses où cette mycotoxine a été spécifiquement recherchée, aucune ne s’est pour l’heure révélée positive », révèle un expert du groupe.
Sur le terrain, il va sans dire que cet épisode génère beaucoup de stress. La contamination aux mycotoxines n’entrerait a priori pas dans le périmètre des prises en charge des assurances. Il n’y a pas non plus d’indemnisation à attendre de l’État. Réglementairement, les éleveurs ont l’obligation de commercialiser un lait répondant aux exigences sanitaires.
Une épine supplémentaire liée au dérèglement climatique… dont les filières d’élevage n’ont vraiment pas besoin.
A retenir
Les aflatoxines sont produites par des champignons du genre Aspergillus qui peuvent se développer sur le maïs au champ en conditions de stress hydrique. Ce champignon est présent dans 80 % des parcelles mais il ne secrète des mycotoxines que dans 0,5 à 7 % des cas.
Lorsqu'une vache laitière consomme du maïs contaminé, l'aflatoxine B1 est transformée par son foie et excrétée dans le lait sous forme d'aflatoxine M1. Au-delà d’un certain seuil fixé réglementairement, le lait contaminé devient impropre à la consommation humaine en raison des risques de cancer du foie. La teneur maximale autorisée est de 2 µg/kg en nutrition humaine (4 µg/kg pour la somme des aflatoxines).