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Situation sanitaire : Réunion avec les opérateurs commerciaux

Une rencontre à destination de l’ensemble des opérateurs commerciaux de ruminants basés en Creuse s’est déroulée ce 17 octobre en présence d’élus de GDS Creuse et des représentants du service santé animale de la DDETSPP 23.

Les opérateurs commerciaux sont des acteurs incontournables du monde de l’élevage. La rencontre a porté principalement sur les contraintes aux échanges liées à la FCO et à la MHE et l’évolution de la réglementation IBR.

FCO – MHE, des impacts majeurs sur les mouvements…

Ces maladies étant classées dans le cadre de la Loi de Santé Animale (LSA), toute évolution de la situation entraîne des contraintes aux mouvements. Concernant la FCO 4 et 8, la France est déclarée entièrement infectée, il n’y a pas de restrictions aux mouvements nationaux mais des exigences pour l’exportation. Les deux modalités principales sont la vaccination ou le dépistage direct du virus en PCR après désinsectisation. Pour la FCO 3 et la MHE 8, un zonage s’applique et toute sortie est soumise à dépistage par PCR.

… qui vont évoluer avec les vaccins

Pour toutes ces pathologies, nous disposons désormais de vaccins bloquant la virémie et permettant donc une certification aux échanges. C’est le cas pour tous les vaccins contre la FCO 4 et 8, du Bultavo 3 pour les bovins (vaccin FCO 3) et de l’Hepizovac (vaccin MHE 8). Les animaux vaccinés peuvent circuler dans la France entière dès le délai d’immunité acquis. Pour les échanges européens, les accords sont négociés pays par pays. Ainsi, pour l’Italie, les animaux vaccinés FCO 3 et 8 peuvent partir 10 jours après le rappel, pour la MHE 8 l’accord n’est pas encore officiel. On peut déjà recommander aux éleveurs de faire vacciner par leur vétérinaire tous les animaux destinés à l’exportation, que ce soit pour la FCO 3, 4 et 8 et la MHE 8. Cela permettra de ne plus avoir à faire de PCR, avec son lot d’animaux bloqués du fait de résultats positifs, et donnera plus de souplesse sur les délais d’exportation et les marchés potentiels.

Des statuts différents pour les opérateurs commerciaux

Pour faire du négoce de ruminants, il faut être enregistré auprès de l’EDE comme « opérateur commercial ». Cela permet d’acheter des animaux et de les revendre mais en aucun cas les animaux ne doivent passer physiquement chez le négociant. S’il souhaite pouvoir accueillir des animaux, il faut qu’il monte un centre de rassemblement, avec agrément par les services de l’État. Les animaux destinés aux échanges ne doivent circuler que dans des centres agréés UE (avec un maximum de 3). Cette dernière condition est considérée respectée si les bovins arrivent dans le centre exportateur dans les 48 heures suivant la sortie de l'élevage d'origine.

Un rappel des règles pour la sortie des animaux d’une exploitation

Tout animal sorti d'une exploitation pour être conduit sur un marché, dans un centre de rassemblement ou sur une autre exploitation doit être accompagné de son passeport avec une ASDA dont la date de sortie et l'ICA sont complétées et signées par le dernier détenteur. Il est de la responsabilité du vendeur de fournir ces documents correctement renseignés à l’acheteur. Une fois l’animal parti, l’ASDA est valable 30 jours pour les opérateurs commerciaux. Si un animal devait revenir dans l’exploitation d’origine (non vendu sur un marché, résultat positif à une analyse faite ultérieurement), il doit être systématiquement isolé et faire l’objet d’une prise de sang pour vérifier qu’il ne s’est pas contaminé dans le secteur intermédiaire.

IBR, un nouvel arrêté visant la fin de l’assainissement…

Avec la promulgation de la LSA en avril 2021, la France s’est engagée à être indemne d’IBR sous 6 ans, soit avant avril 2027. Pour y parvenir, il faut finir d’assainir les derniers foyers (2 à ce jour en Creuse) mais surtout s’assurer de ne pas en avoir de nouveau. C’est le sens de l’arrêté ministériel du 10 juin 2024 qui vient encore durcir la réglementation pour les élevages non indemnes (cf. illustration). Depuis un an, les ateliers dérogataires (cartes jaunes) creusois ont fait le choix de n’introduire que des animaux issus d’élevages « indemnes d’IBR » et vont à leur tour être qualifiés d’ici fin 2026.

… avec un impact pour le transport des animaux

Les opérateurs commerciaux sont au cœur de ces enjeux et leur responsabilité est majeure. L’arrêté prévoit plusieurs niveaux de sécurité dans les transports :

  • Le circuit « indemne », pour les animaux issus de cheptels indemnes,
  • Les circuits « non indemne » et « à risque contrôlé », pour les animaux issus de cheptels non indemnes, quelle qu’en soit la cause,
  • Le circuit infecté, pour les animaux connus positifs et non-vaccinés ou pour les animaux issus de cheptels non conformes. Leur seule destination est l’abattoir en transport direct et sans rupture de charge.

L’enjeu sanitaire impose une grande rigueur dans les allotements des animaux. Cette notion de séparation des circuits est intégrée dans les obligations pour l’obtention de l’agrément des centres de rassemblement. Chaque marché au cadran doit mettre en place une séparation des circuits de l’arrivée au départ des bovins.

Une grande vigilance à l’introduction

Quelles que soient les mesures prises en amont, l’isolement de tout animal introduit reste la règle. Cela ne signifie pas de le laisser seul, il peut être mis avec des animaux d’engraissement par exemple. L’idée est double, permettre à l’animal de s’acclimater à son nouvel environnement et à son système immunitaire de revenir à un état stable, et en cas de problème, devoir surveiller, voire éliminer, un nombre limité d’animaux. En complément, les notifications d’entrée sont faites à l’EDE et les prises de sang effectuées, notamment pour rechercher l’IBR entre 15 et 30 jours.
Pour les animaux issus de cheptels indemnes d’IBR, il est possible de déroger au contrôle sérologique IBR à l'introduction si le transport est direct et sans rupture de charge, une demande de dérogation dûment remplie et signée permet d'attester ces conditions. Malheureusement, les demandes croissantes de dérogation s'accompagnent d'un recul global des autres dépistages d'importance majeure (BVD, paratuberculose, besnoitiose, néosporose…). Nous avons resensibilisé l’ensemble des opérateurs et une réflexion est en cours pour ne plus autoriser les dérogations IBR pour les cheptels à fort taux de rotation.

Une nécessaire implication de tous !

Grâce au travail de tous, éleveurs, vétérinaires, négociants, la Creuse bénéficie d’un statut sanitaire favorable pour l'IBR ou d’autres maladies comme la BVD. Mais cela reste fragile et chaque maillon de la chaîne doit respecter la réglementation pour protéger les élevages. Le vendeur en s’assurant de mettre sur le marché des animaux indemnes d’IBR, garantis non IPI et en remplissant correctement les ASDA, le secteur intermédiaire en vérifiant les documents et en respectant la séparation des circuits et l’acheteur en isolant les animaux introduits, en les notifiant auprès de l’EDE et en effectuant les dépistages nécessaires, complétés par les recherches conseillées. Pour plus de renseignements, n’hésitez pas à vous rapprocher de votre vétérinaire sanitaire, du service santé animale de la DDETSPP 23 ou de GDS Creuse.
 

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