Protocole européen pour évaluer l'impact environnemental
Alors que Bruxelles a lancé le 15 janvier dernier son appel à volontaires pour l'expérimentation sur l'empreinte environnementale des produits agroalimentaires(1) , Food SCP – table ronde commune pour une production et consommation alimentaire durable (réunissant la Commission européenne et les professionnels(2) )– a publié, le 20 janvier, le protocole Envifood. Ce document fournit des directives pour l'évaluation de l'impact environnemental des produits alimentaires et des boissons tout au long de leurs cycles de vie.
« Les consommateurs font face à des centaines de labels environnementaux et allégations confuses et perdent confiance en leur crédibilité. Nous voulons être sûrs que les consommateurs obtiennent des informations stables et comparables sur les performances environnementales de manière à les aider à faire des choix éclairés. Cela encouragera les producteurs à fournir des produits plus verts. La filière agroalimentaire européenne, à travers cette démarche collaborative, est parvenue à un résultat concret : le protocole Envifood. Ce sera une contribution importante à nos efforts », a déclaré le commissaire européen à l'environnement Janez Potocnik, à cette occasion.
Résultat de quatre ans de réflexion, ce protocole s'adresse aussi bien aux activités de BtoB que de BtoC. Il préconise de s'intéresser à l'analyse du cycle de vie (ACV) tout au long de la vie du produit y compris chez le consommateur, à l'exception de produits ayant de multiples usages (comme la farine, la poudre de cacao, la viande et les fruits et légumes frais). Pour des produits caractérisés par un usage dominant (grains de café, thé, glace en bac, saucisses, sauces pour pâtes…), c'est cet usage qui sera pris en compte.
“Les données spécifiques doivent être privilégiées
Le protocole, à la rédaction duquel de grands groupes ont participé (comme Nestlé, Danone, Unilever et Coca-Cola), demande à ce que l'analyse soit multicritère. L'empreinte carbone, mais aussi l'impact sur la biodiversité, la qualité de l'eau et la ressource en eau, la consommation d'énergie et le changement d'affectation des sols, font partie des principaux critères mis en avant. Envifood insiste par ailleurs sur le fait de privilégier dans l'évaluation les données spécifiques aux données génériques.
Sa rédaction est amenée à évoluer en fonction des difficultés rencontrées lors de la phase d'évaluation qui précédera la mise en place d'une réglementation.
(1) Le dépôt des candidatures doit se faire avant fin mars pour un lancement, en juin 2014, d'une expérimentation sur une période de trois ans.
(2) Dont le Copa-Cogeca et FoodDrinkEurope.
Partie prenante mais réservé sur l'expérimentation franco-française (au bilan très mitigé), Coop de France estime qu'Envifood « va dans le bon sens », selon Olivier de Carne, adjoint à la direction chaîne alimentaire durable de l'organisation, puisqu'il permet d'avancer sur une méthode européenne harmonisée. Autre point positif :
l'évaluation multicritère « qui permet aux filières de pondérer ». Au-delà de la complexité du système, reste une inquiétude sur la filière viande dont les spécificités n'ont pas été assez prises en compte, selon lui. « Et il va falloir s'assurer via l'expérimentation que le protocole est bien coordonné avec le protocole général Product environnemental footprint (PEF) mis en place préala-blement par la Commission européenne », poursuit Oli-vier de Carne. Les coopératives (via Coop de France ou InVivo) réfléchissent actuellement à l'opportunité de participer à l'expérimentation européenne, mais aucune décision n'a encore été prise.