Agrocarburants et élevage
Des coproduits pour l´alimentation animale
Agrocarburants et élevage
Les filières françaises de biocarburants génèrent quatre types de coproduits valorisés par l´alimentation animale : la drêche de blé et la pulpe de betterave pour l´éthanol, le tourteau de colza (et un peu de tournesol) et le glycérol pour le biodiesel.
« L´alimentation des bovins est assurément en situation d´absorber une quantité importante des coproduits des agrocarburants », prévoit le GEB qui s´interroge cependant sur l´intérêt et les caractéristiques des nouveaux produits comme la drêche de blé : « L´expertise des coproduits de l´éthanol reste à faire et nécessite certainement un cadre de travail plus transparent ».
La pulpe de betterave, déshydratée ou surpressée. Aliment riche en cellulose et en énergie, elle peut remplacer soit un fourrage soit une partie du concentré. Sa disponibilité ne devrait pas augmenter car l´usage de la betterave pour fabriquer de l´éthanol compense à peine la réduction drastique de l´activité sucrière.
Le tourteau de colza industriel. Moins riche en matière azotée que le tourteau de soja et plus riche en cellulose et éléments minéraux, il est déjà bien valorisé par les élevages de ruminants. Les tourteaux de colza industriels peuvent remplacer le tourteau de soja dans le concentré protéique sur la base de 1,5 kg de tourteau de colza pour un kilo de tourteau de soja. La France produit actuellement de l´ordre de 1,4 million de tonnes de tourteau de colza, un volume qui devrait doubler d´ici à 2010. Les productions d´herbivores auraient la capacité d´absorber la totalité du tourteau de colza en le substituant au soja. Mais les producteurs de porcs et de volailles s´y intéressent aussi. Ce qui fait dire au GEB que « cette disponibilité en tourteau de colza ne calmera guère les tendances haussières du tourteau de soja ».
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L´utilisation des tourteaux de colza industriels pour l´engraissement des bovins ne modifie ni l´ingestion ni la croissance. ©MAtteis/Prolea |
Les drêches de blé. Peu connues jusqu´à l´heure en France, les drêches de blé issues de la production d´éthanol sont de valeurs très différentes selon qu´elles contiennent ou pas les sons. Elles peuvent avoir une teneur élevée en protéines (36 %), s´assimilant alors au corn gluten feed pour l´énergie et au tourteau de colza pour la partie azotée. Ou être moins riches en protéines (28 %), se rapprochant du blé pour l´énergie et du tourteau de tournesol pour la matière azotée. Mais leur composition chimique est très variable d´une usine à l´autre ou au sein même d´une usine selon la qualité des grains et les réglages de fabrication. De nombreuses interrogations subsistent sur leurs conditions d´utilisation dans l´alimentation animale. Quant à leur disponibilité, si leur production est encore confidentielle, les volumes devraient atteindre quelques 700 000 tonnes en 2010. Les zones de production étant éloignées des régions d´utilisation, la production sera majoritairement (80 %) commercialisés sous forme déshydratée.
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Vu leur diversité, les drêches de blé devront être caractérisées usine par usine. ©A. Conté |
Le glycérol. Issu de la transformation de l´huile en biodiesel, ce coproduit était jusqu´à présent valorisé dans l´industrie (cosmétiques, pharmacie, agroalimentaire.) Mais les volumes qui seront fabriqués à l´avenir devraient laisser une place à l´alimentation animale. Comparable à la mélasse, tout aussi appétent, le glycérol est une source d´énergie rapidement assimilable qui peut se substituer à des céréales, notamment dans les aliments fabriqués.