Recensement agricole
Une agriculture plus professionnelle qui s'investit dans la qualité
Le service régional de l’information statistique et économique a fait jour sur les premiers résultats du recensement agricole conduit en 2010 en Haute-Loire. Le premier enseignement à retenir c'est la professionnalisation des agriculteurs de notre département.

Premier enseignement : les agriculteurs sont de plus en plus professionnels. En 10 ans, la part des producteurs spécialisés a augmenté de 1%, passant de 78 à 79%.
La part des producteurs spécialisés en bovins-viande (18%) et en grandes cultures (10%) augmente au détriment des éleveurs de bovins-lait (33%), bovins mixte (6%) et polyculture-élevage (9%). Les exploitations ovines et caprines se maintiennent avec une part de 19%. A l’échelle des communes, la répartition territoriale des productions reste stable depuis 2000.
Des exploitations de moins en moins nombreuses
La disparition des exploitations agricoles se poursuit. Le rencensement a comptabilisé 5 114 unités de production contre 6 440 en 2000. La Haute-Loire a perdu 21% de ses exploitations, une perte équivalente à celle constatée en Auvergne mais inférieure à la perte subie au niveau national (- 26%).
Les exploitations sont de moins en moins nombreuses mais celles qui restent sont, quant à elles, plus grandes et plus productives. L’activité s’est concentrée dans les exploitations de grande dimension (dont le PBS-Produit Brut Standard*- est supérieur à 100 000 e) qui ont vu leur nombre augmenter alors que les petites (moins de 25 000 e de PBS) et moyennes exploitations (PBS compris entre 25 000 e et 100 000e) diminuaient.
La taille moyenne des exploitations est passée de 37 ha en 2000 à 45 ha en 2010. Plus grandes, elles sont également plus productives.
Le dernier recensement montre la progression des formes sociétaires (Gaec, Earl…). Bien que l’exploitation individuelle domine encore largement, les exploitations agricoles sociétaires atteignent le taux de 20%, contre 23% en Auvergne et 44% en France. Le recensement a analysé l’évolution d’un autre indicateur révélateur de la professionnalisation des agriculteurs, la formation. Or, en Haute-Loire, le taux de chefs d’exploitations de moins de 40 ans ayant le niveau bac a presque doublé, passant de 35% en 2000 à 65% en 2010.
La tradition de qualité préservée
En Haute-Loire, la tradition de préservation de la qualité des productions se maintient avec 27 % des exploitations qui produisent sous signe de qualité contre 32% en Auvergne et 21 % en France.
Sur les 5100 exploitations agricoles du département, dont 2900 sont considérés comme des exploitations professionnelles, 2300 produisent sous signes de qualité ou en bio.
Parmi les signes de qualité, qui concernent essentiellement les produits végétaux, la viande bovine et le lait, les productions biologique et sous label sont celles qui enregistrent la plus forte progression.
4,7% de la SAU (Surface Agricole Utile) sont conduits en agriculture biologique contre 2% en France.
Les activités de diversification (9% des exploitations) et les circuits courts (12% des exploitations) concernent toutes les exploitations, même les plus grandes.
«Les surfaces sans apport d’engrais ni produits phytosanitaires représentent 46 % des surfaces (contre 33% en France), l’agriculture de la Haute-Loire est en équilibre avec l’environnement» traduit Seàn Healy, chef du service régional de l’information statistique et économique.
Dernier constat qui émane de ce recensement, le tissu d’exploitations agricoles recouvre l’ensemble du territoire départemental, ce qui génère une activité économique sur l’ensemble du territoire. Aucune zone ne semble être en déprise agricole.
Pour Bruno Locqueville, directeur de la DDT, «ce recensement confirme tout le poids et la vitalité de l’agriculture de Haute-Loire. L’agriculture génère de l’emploi (10 000 emplois en comptant l’agro-alimentaire), elle répond aux attentes de la société (développement du bio, circuits courts…) et fait vivre le territoire. Je suis optimiste pour l’avenir de l’agriculture de ce département».
«L’agriculture a pris le train de la modernité et a plus que jamais des atouts pour s’inscrire dans l’agriculture française et européenne» a souligné le Sous-Préfet d’Yssingeaux, Renaud Dury.
* Le Produit Brut Standard est le potentiel de production d’une production (animale et surface cultivée) hors aides et exprimé en euros. C’est un indicateur statistique national et européen qui permet de comparer entre eux différents systèmes de production.
En chiffres
• 5100 exploitations totales dont 2900 moyennes et grandes exploitations.
• Age moyen chefs d’exploitations : 49 ans (2 ans de plus qu’en 2000)
pProductivité du travail : une UTA met en valeur 35 ha de SAU (8 ha de plus qu’en 2000)
• 71% des terres sont en fermage, contre 76% en France
pLa vocation d’élevage laitier de la Hte-Loire se maintient.
• 81% des vaches laitières sont détenues par des exploitations spécialisées bovins-lait
• 62% des vaches nourrices sont détenues par des exploitations spécialisées bovins-viande
• 35% des exploitants utilisent internet