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Un Salon de l'Agriculture sous le signe de l'alimentation

La 47e édition du Salon international de l’agriculture (SIA) s’est close samedi 6 mars. La venue du Président Sarkozy à la fermeture plutôt qu'à l'ouverture, un taux de fréquentation égal à 2009, 4590 produits médaillés soit 7,5 % de plus qu'en 2009… Les principaux enseignements à en tirer.

Finalement, le président de la République Nicolas Sarkozy est venu, le samedi 6 mars, en clôture du 47è SIA. Il a promis de nouvelles aides et une nouvelle approche en ce qui concerne les « contraintes » environnementales.
Finalement, le président de la République Nicolas Sarkozy est venu, le samedi 6 mars, en clôture du 47è SIA. Il a promis de nouvelles aides et une nouvelle approche en ce qui concerne les « contraintes » environnementales.
© Actuagri

Comme on dit aujourd’hui : Ça, c’est fait ! Sur fond de crise économique généralisée pour le pays et de crise encore plus profonde pour le monde agricole, le SIA 2010 quittera sans doute vite les mémoires, chacun espérant un salon plus positif en 2011. La non-venue, pour l’inauguration, de Nicolas Sarkozy aura pesé sur l’ensemble de la semaine pendant laquelle la plus grande ferme de France a fait état de ses savoir-faire. « Un président, ça vient à l’ouverture, pas à la clôture » est une phrase qui, invariablement, revenait à un moment ou à un autre dans les conversations avec les professionnels.

Succès populaire

Année d’élections régionales obligent, les candidats à un mandat de conseiller auront profité de ce SIA pour faire un tour de piste plus conséquent que d’habitude. Mais le 47e SIA restera un succès populaire : 652 189 visiteurs, d’après les premières estimations, ont sillonné les allées et les halls. C’est sensiblement le même chiffre qu’en 2009 (669 000). Les Français aiment toujours autant se déplacer pour cette occasion. Le mercredi a connu une grosse affluence et le samedi de la clotûre a attiré plus de 100 000 visiteurs.
A travers ces chiffres, l’édition 2010 du SIA a validé une tendance lourde de la part de la société française : l’importance de l’agriculture sur le plan de l’alimentation, avec les valeurs qui s’y rattachent : qualité, goût, sécurité, hygiène, environnement… Vitrine de l’excellence des régions françaises en matière d’alimentation, le Concours général des produits a médaillé 4 590 produits en 2010, soit une augmentation de 7,5 % par raport à 2009. Autre succès, celui de la boutique (vins, bières, huîtres, foies gras) réservée aux prix d’excellence, plébiscitée par les exposants. Dans le restaurant de cette boutique, installée pour la première fois, entre 160 et 180 couverts ont été servis chaque jour.

Alimentation

Certains avaient choisi une manière différente pour rendre compte du lien fort entre agriculture et alimentation. Ainsi, Passion Céréales, une structure née à l’initiative de l’interprofession Intercéréales, a organisé des ateliers de sensibilisation en direction des enfants : chaîne de transformation qui mène « du champ à l’assiette » pour la fabrication du pain par exemple ou encore comment faire prendre conscience aux enfants de l’occupation du territoire par les différents opérateurs de la chaîne alimentaire, et de leur rôle dans le façonnement des paysages de la région. Pour l’occasion, Passion Céréales a travaillé avec la DRIAAF Île-de-France et l’Observatoire du pain. Le ministère de l’Alimentation, de l’agriculture et de la pêche propose désormais deux outils nouveaux d’informations à destination des consmmateurs : un portail web (www.alimentation.gouv.fr) consacré aux signes de qualité, à la sécurité sanitaire (contrôles des animaux aux frontières, contrôles des aliments dans la restauration…), à l’étiquetage des produits, à l’implication des professionnels de l’agroalimentaire, à l’agriculture biologique… et une nouvelle chaîne TV sur internet : alimentation TV (programme « destination goût » en partenariat avec TV5 Monde, dessins animés, Consomags… Elle sera enrichie de reportages et de programmes courts de type ateliers cuisine dans les associations d’aide alimentaire, perception des fruits chez les enfants…).
Outre l’accord sur la relance agronomique (voir A retenir), Arvalis - Institut du végétal a présenté trois outils d’aide à la décision (Farmstar, Mileos et Septo-Lis) « pour produire plus et mieux » à destination des professionnels des grandes cultures. De son côté, l’Inra a organisé deux « rencontres » autour des thématiques de l’alimentation (« Qualité des productions et produits céréaliers. Quels défis scientifiques pour les filières ? » et « Quelles recherches pour quelles allégations nutritionnelles ? L’exemple des acides gras omega 3 »).

Les annonces de Nicolas Sarkozy

C'est sans surprise que le chef de l'État a annoncé que le gouvernement prenait en charge à hauteur de 50 millions d'euros les intérêts d'emprunts des prêts de trésorerie et de consolidation. Ceux-ci pourront donc atteindre la somme de 1,8 milliard d'euros contre 1 milliard prévu à l'origine et 1,5 milliard atteints en début de mois de mars. Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a annoncé une «nouvelle méthode dans la préparation et la mise œuvre des mesures environnementales en agriculture». Un groupe de travail va se tenir cette semaine avec Bruno Le Maire et Jean-Louis Borloo pour définir cette méthode autour de « trois axes » : « une analyse comparée avec ce qui se fait en Europe, une étude d'impact et un chiffrage du bénéfice attendu par la société ». Une manière d'adapter le Grenelle de l'environnement au monde agricole, reprenant d'ailleurs des propositions de Bruno Le Maire, même si Nicolas Sarkozy a indiqué « ne pas vouloir de moratoire sur l'environnement mais du pragmatisme ». Autre sujet : la Pac, où le président a, à nouveau, défendu « la préférence communautaire ». « Je dis aux partenaires de l'Europe que l'on peut discuter d'une baisse de budget de la Pac, à la condition d'avoir de la préférence communautaire » a-t-il conclu. Il a également souhaité que face aux distributeurs, « les producteurs se regroupent ». « Nous vous aiderons à peser sur le partage de la valeur ajoutée », a-t-il promis. À ce propos, il a annoncé qu'il allait « demander la modification du droit de la concurrence » dans l'Union européenne, Bruxelles n'autorisant pas le regroupement de producteurs agricoles.

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