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Avec les aléas climatiques plus nombreux, ne pas mettre tous ses œufs dans le même fourrage

Enrubannage, séchage en grange, affouragement en vert, pâturage… Diversifier les modes de récolte permet d’assurer de bonnes conditions de récolte et de conservation, dès la première coupe qui sera de plus en plus précoce jusqu’aux repousses plus nombreuses de fin d’automne.

Avec une pousse de l’herbe qui avance en saison, il faut pouvoir assurer une première coupe d’herbe sans compromettre la qualité de la conservation. Au revoir le foin qui demande de la chaleur et des jours sans pluie pour sécher correctement. On fera plutôt appel à l’enrubannage, au pâturage, au séchoir en grange ou à l’affouragement en vert pour assurer une coupe de qualité en début de printemps ou à l’automne. Multiplier les modes de récolte est une stratégie gagnante… quand on est équipé et qu’on ose varier les plaisirs.

1 – Enrubanner pour assurer la première coupe

Le guide L’enrubannage en élevage caprin (64 pages - 15 euros sur acta-editions.com ou en téléchargement sur idele.fr/CapClimatTerritoires) le rappelle, « l’enrubannage permet d’être moins dépendant des conditions météorologiques en début et fin de saison pour faire du stock fourrager ». Il permet ainsi de produire des fourrages de meilleure qualité nutritive, par une récolte à un stade plus précoce tout en garantissant une meilleure repousse. Ce fourrage appétant et riche en protéines permet d’intensifier le rendement de la prairie, avec des fauches précoces et tardives plus aisées. Faire un enrubannage présente cependant des contraintes. Un enrubannage mal réalisé ou mal conservé augmente les risques de listériose sur les chèvres. C’est également une technique de conservation de l’herbe plus coûteuse que le foin (+38 euros la tonne de MS).

Lire aussi : Ces éleveurs s’adaptent au changement climatique

2 – Avec le séchage en grange, le meilleur foin a un coût

En 2019, environ 2 % des éleveurs caprins français faisaient sécher leur herbe verte en grange. Cette technique de ventilation du foin permet de faire le meilleur foin car les altérations liées au séchage extérieur sont limitées et les créneaux météos pour faucher l’herbe au stade optimale sont élargis. Mais l’investissement est très conséquent. Le guide Le séchage en grange en élevage caprin (68 pages - 15 euros sur acta-editions.com ou en téléchargement sur idele.fr/CapClimatTerritoires/) le précise bien : pour être intéressant économiquement, le séchage en grange nécessite de bien valoriser le foin ventilé dans la ration des chèvres et une économie de concentrés est nécessaire.

3 – De l’herbe verte amenée dans l’auge des chèvres

Ramener du vert aux chèvres permet de conserver au maximum la valeur de l’herbe sans faire de pâturage et en valorisant une surface fourragère éloignée ou morcelés. L’affouragement en vert permet de profiter de l’herbe fraîche dès le début du printemps et jusqu’à tard en automne. Par contre, le guide L’affouragement en vert en élevage caprin (88 pages sur idele.fr/CapClimatTerritoires/ou 15 euros sur acta-editions.com) pointe quelques limites : mécanisation importante, portance ou éloignement du parcellaire et nécessité d’avoir un bâtiment adapté.

4 – Le pâturage comme alternative à la première coupe

Le pâturage peut s’envisager comme une alternative à la première coupe si le parcellaire est accessible aux chèvres. Économique, appétente et peu consommatrice d’intrants, l’herbe pâturée permet de valoriser les prairies tôt et tard dans la saison. Même s’il demande un suivi rigoureux des risques parasitaires, le pâturage permet de valoriser l’herbe lors de printemps précoce ou d’automne-début d’hiver plus favorable à la pousse de l’herbe. Le guide Le pâturage en élevage caprin (168 pages - sur idele.fr/CapClimatTerritoires/ ou 25 euros sur acta-editions.com) remarque aussi que l’augmentation des températures nécessite de prévoir des zones d’ombre avec des haies ou des arbres, qui pourront éventuellement servir de ressources fourragères complémentaires en été. Répondant à une demande sociétale, le pâturage est par ailleurs souvent encouragé dans les cahiers des charges des fromages AOP.

Lire aussi : « Affouragement en vert, enrubannage, pâturage, bovin viande : je multiplie les modes de récolte de l’herbe »

La contrainte des cahiers des charges AOP

Les cahiers des charges des fromages sous appellation d’origine protégées sont parfois assez limitants pour la récolte des fourrages. Ainsi, beaucoup des fromages au lait de chèvre interdisent ou limitent fortement les fourrages fermentés, privant ainsi les exploitants de la possibilité d’utiliser de l’enrubannage ou de l’ensilage.

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